Florence CASSEZ, avec la Collaboration d’Eric DUSSART, grand-reporter au journal « La Voix du Nord » publie un livre intitulé « A l’ombre de ma vie ».
Florence raconte ses 4 années de détention depuis son arrestation le 8 décembre 2005 sur une route qui l’a conduit à Mexico.
De manière claire, précise et fouillée, elle décrit, tour à tour, sa garde à vue, ses deux procès, ses deux condamnations, sa vie en prison aux pénitenciers de Santa Marta et Tepepan, sa défense au quotidien, ses peurs, ses angoisses, ses espoirs et l’engagement du Président de la République Français, Nicolas SARKOZY, à ses cotés.
Ce livre écrit avec le cœur et la raison fera, je l’espère, taire l’ensemble des ses détracteurs.
Depuis mai 2008, je suis devenu son Avocat, et je me bats, avec beaucoup d’autres, et notamment mon Confrère Mexicain, Agustin ACOSTA du Barreau de Mexico, afin de démontrer que depuis son arrestation, procédant d’un montage médiatique, afin de tenter de redorer le blason terni de l’Agence Fédérale d’Investigations (AFI), à l’époque dirigée par un dénommé Garcia LUNA, depuis devenu Ministre de la Sécurité Publique, Florence a non seulement été flouée de ses droits les plus essentiels et élémentaires, mais est devenue une coupable fabriquée avant de terminer en « otage politique ».
Il est difficile de raconter tout ce qui a été entrepris en près de deux années pour sa défense et la démonstration de son innocence.
Il me vient cependant à l’esprit qu’il y a quelques mois j’avais rencontré le Juge d’appel FERMINE, de la Cour d’Appel Fédérale de Mexico, avec Agustin ACOSTA.
A la sortie de cet entretien, nous étions persuadés qu’il était convaincu, comme nous, de l’innocence de Florence, tellement les éléments à décharge étaient nombreux et conséquents.
Nous avions, non seulement, démontré l’absence de charges mais aussi toutes les incohérences et contradictions de cette procédure.
Il décida, pourtant, quatre jours avant la visite du Président SARKOZY au Mexique de condamner Florence à 60 années de prison…
L’Avocat, par nature, se doit d’être méfiant, vigilant et attentif. Pourtant, j’ai toujours souhaité indiquer la confiance et le respect, qui étaient les miens et aussi ceux de Florence, dans la justice Mexicaine et la souveraineté de ce pays.
Nonobstant l’image de corruption gangrenant la police et la justice au Mexique, nous ne pouvions croire à l’issue d’une condamnation sur un tel dossier
Nous nous sommes trompés et la confiance a disparu.
Aujourd’hui, le Mexique et les Méxicains évoluent, les langues commencent à se délier, la désinformation laisse place à l’information, les médias Mexicains et de nombreux décideurs et intellectuels se mobilisent pour elle parce que nous avons décidé de rendre public et accessible son dossier.
Les derniers scandales policiers et judiciaires au Mexique témoignent que, là-bas, tout est possible.
Que, par exemple, le Président de la République Mexicain, Monsieur Felipe CALDERONE peut écrire au Président Français, Nicolas SARKOZY, que dans l’hypothèse où Florence CASSEZ serait condamnée, il ne serait pas opposé à voir appliquer la Convention de Strasbourg, prévoyant son rapatriement et l’exécution de sa peine en France, pour finalement quelques semaines plus tard, indiquer de manière publique, qu’il avait finalement changé d’avis…
Là encore, la confiance a été anéantie.
Nous continuons tous le combat, et jamais Florence CASSEZ ne renoncera à faire triompher son innocence, même si aujourd’hui elle est devenue une otage politique, symbole d’une prétendue réussite de la lutte contre le crime au Mexique.
Mon analyse n’est pas simplement celle d’un Avocat en charge de la défense des intérêts de sa cliente, et ce livre, je l’espèce, non, j’en suis sûr, vous fera partager ma conviction de l’innocence de Florence.
Pour terminer, il me résonne à la conscience cette phrase que Florence CASSEZ a souhaité inscrire à la première page de son livre :
« La vie persiste dans la mort,
la vérité dans le mensonge,
la lumière dans l’obscurité »
Gandhi 1869-1948
« A l’ombre de ma vie »
Florence CASSEZ
Editions Michel LAFON