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Jeune père poignardé : verdict France3.fr, 29 janvier 2004 |
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A Douai, un Roubaisien de 20 ans a été condamné à 15 ans de prison pour avoir poignardé dans le métro un jeune père
La cour d'assises des mineurs a suivi mercredi les réquisitions de l'avocat général qui avait requis, après trois jours de procès à huis clos, 15 ans de réclusion.
II s'agissait de la peine maximale encourue par l'accusé, âgé de 16 ans au moment des faits. Celui-ci avait poignardé Franck Tavernier, 23 ans, sous les yeux de sa fille de 2 ans.
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Quinze ans de prison pour le jeune meurtrier de Roubaix Le Figaro 29 janvier 2004 |
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Les jurés de la cour d'assises de Douai ont suivi le procureur dans ses réquisitions en infligeant à Karim la peine maximale de quinze ans de réclusion pour le meurtre de Franck Tavernier dans le métro de Roubaix, en octobre 2000. Un jugement bien accueilli par la famille de la victime : « Cela ne nous rendra pas Franck mais nous avions fait confiance en la justice et nous avons été écoutés », a déclaré un parent à l'énoncé du verdict, rendu à l'issue de trois jours de procès à huis clos.
Si les jurés n'ont pas levé l'excuse de minorité qui divise par deux l'échelle des peines prévues (quinze ans au lieu de trente), c'est sans doute à sa mère que Karim le doit : Elle seule, en effet, a apporté cette touche d'émotion que l'on attendait de sa part, à lui. Karim s'est contenté d'une vague excuse, sans lever les yeux, quand, elle, en pleurs, a demandé pardon à la famille Tavernier, se reconnaissant même en partie coupable pour avoir trop couvé son fils et pris toujours sa défense devant les conseils de discipline du collège.
Un garçon jugé sévèrement par les experts psychiatres, généralement plus modérés dans leurs conclusions. Ils évoquent « une psychopathie asociale à venir » et « une dangerosité psychiatrique à venir ». C'est d'ailleurs sur ce danger de récidive que l'avocat général, Patrick de Capecaude, s'est appuyé pour réclamer une peine maximale de quinze ans, sans demander la levée de l'excuse de minorité mais tout en laissant aux jurés la liberté de le faire.
Auparavant l'avocat de la partie civile, Me Franck Berton, avait remis en mémoire les circonstances de cette tragédie survenue un dimanche tranquille d'octobre 2000. A la suite de regards croisés et de mots échangés il y avait eu bagarre au cours de laquelle Franck Tavernier, 23 ans, reçut une dizaine de coups de couteau au bras et au visage. « Ça t'apprendra à me répondre ! » lui avait crié Karim. Chacun semblait repartir de son côté quand Karim revint sur ses pas, ressortit son couteau et alla le planter de dix centimètres dans le corps de celui qui lui avait répliqué. « Le coup de poignard de la haine ! », s'écrie Me Berton. Franck Tavernier a l'artère pulmonaire sectionnée mais il ne le sait pas. Il reprend sa route avec sa fillette de trois ans, fait quelques pas et s'effondre. La tâche de Me Dupont Moretti était délicate. Pendant une heure de plaidoirie, il a tenté d'alléger le lourd fardeau pesant sur les épaules de Karim : « Ce n'est pas un monstre, c'est un gamin. Si à 26 ans, on me dit qu'un individu est définitivement fixé, qu'on ne peut plus rien pour lui, alors j'arrête mon métier. Karim, explique-t-il, a des difficultés d'expression. C'est un gamin déraciné dont les experts décrivent très bien les carences affectives et les failles éducatives. » Pour l'avocat, il s'agit d'une bagarre qui a mal tourné.
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Jeune père poignardé dans le métro : rapports des experts
AFP, lille 27 janvier 2004 |
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Le procès à huis clos d'un jeune homme accusé du meurtre d'un jeune père de famille devant la cour d'assises des mineurs du Nord a été principalement consacré mardi aux rapports des experts psychiatres et médico légal, a t on appris auprès des avocats des différentes parties.
Au deuxième jour d'audience, c'est la responsabilité de l'accusé, âgé de 20 ans aujourd'hui et qui en avait 16 au moment des faits, en octobre 2000, qui a d'abord été examinée, a indiqué à la presse Me Franck Berton, l'un des deux avocats des parties civiles.
L'accusé avait reconnu lundi avoir tué Franck Tavernier, 23 ans, dans une station de métro de Roubaix le 29 octobre 2000, selon les avocats.
Selon Me Berton, les rapports des trois experts psychiatres ont reconnu « la responsabilité totale » de l'accusé, en ajoutant qu' « on ne peut pas exclure une dangerosité psychiatrique » et qu'il s'agit d'un « psychopathe asocial à venir ».
L'avocat de l'accusé, Me Eric Dupont Moretti, a rejeté cette analyse, parlant simplement de « traits psychopathiques ». Pour lui, les rapports ont permis de se faire une « idée précise de sa personnalité », celle d'un « gamin immature » mais pas celle d'un « monstre ». (.)
Le procès doit s'achever mercredi.
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L'assassin présumé du métro pourrait être remis en liberté Le Figaro 30 août 2002 |
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Le
meurtrier présumé de Franck Tavernier, ce
jeune homme de 23 ans assassiné dans la
station de l'Epeule du métro de Roubaix
le 29 octobre 2000 va-t-il être remis en
liberté avant d'être jugé ?
Tout le laisse à penser car l'instruction n'est pas close, et dans ce cas, la loi fait remettre automatiquement en liberté un mineur impliqué dans un crime deux ans après la date du mandat de dépôt. Or au moment des faits, l'agresseur, né en janvier 1984, n'avait pas 18 ans.
L'éventualité suscite des commentaires au palais de justice de Lille et soulève une vive indignation dans l'agglomération de Roubaix, où le meurtre du jeune homme avait provoqué colère et manifestations. Plusieurs milliers de personnes avaient assisté à ses obsèques.
(.)
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"
C'est scandaleux, s'exclame Me Franck Berton,
l'avocat de la famille de Franck Tavernier.
Depuis plusieurs mois, les victimes hurlent
et ne sont pas entendues. Les maires de
Croix, Roubaix, et Wasquehal ont envoyé
en juillet une lettre au procureur de la
République pour lui signaler la situation.
Les autorités judiciaires ont été alertées
depuis plusieurs mois. "
Dans cette lettre, les élus locaux témoignaient
" de l'émoi collectif important qui s'était
emparé de la population lors du drame ".
" Or, ajoute-t-il,à ce jour l'instruction
continue dans des délais qui semblent très
longs pour la famille et il y a risque de
voir le mis en examen libéré sous contrôle
judiciaire avant le procès devant les assises."
Cette adresse remonte à bientôt deux mois.
(.)
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Un mineur condamné pour meurtre à 15 ans de réclusion à Roubaix
Libération, 28 janvier 2004 |
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LILLE - Le meurtrier d'un père de famille, tué de plusieurs coups de couteau dans une station de métro de Roubaix en octobre 2000, a été condamné mercredi après midi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des mineurs du Nord. Le jeune meurtrier, âgé de 16 ans au moment des faits, a été reconnu coupable sans circonstance atténuante. L'avocat général avait requis cette peine maximale de 15 ans de prison. Le 29 octobre 2000, un père de famille âgé de 23 ans, accompagné de sa petite fille de deux ans, avait été pris à partie par plusieurs jeunes à qui il aurait refusé une cigarette et tenu tête. L'un des jeunes l'a ensuite frappé de dix coups de couteau avant de s'enfuir et de revenir sur ses pas pour l'achever d'un onzième coup mortel.
"C'est une peine lourde, 15 ans de réclusion criminelle pour un garçon âgé de 16 ans au moment des faits, sans aucune circonstance atténuante, c'est une peine très lourde, mais elle témoigne de la dangerosité du condamné. Depuis trois ans, la famille de la victime a fait confiance à la justice; elle a été entendue", a déclaré l'avocat de la famille de la victime, Me Franck Berton.
"Ce geste restera à toujours inexpliqué, les raisons sont toujours inconnues, la victime pouvait être n'importe qui ce jour là, la justice l'a compris", a t il poursuivi.
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L'adolescent avait tué le père de famille pour une cigarette
Le Parisien, 26 janvier 2004 |
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LE 29 OCTOBRE 2000, vers 18 h 30, Franck Tavernier tombe, sous les yeux de sa petite fille de 3 ans et de plusieurs membres de sa famille, au pied de l'Escalator de la station de métro Epeule Montesquieu, à Roubaix. Atteint par onze coups de couteau dont un en plein poumon, ce jeune intérimaire de 23 ans décède en quelques heures. Son agresseur, Medhi, un adolescent sans histoires âgé d'à peine 16 ans, prend la fuite.
La petite bande qui l'accompagne, des gamins de Roubaix âgés de 13 ans, s'évapore tout aussi vite. Interpellé quelques jours plus tard, l'adolescent reconnaîtra sans mal les faits. Sur ses indications, les enquêteurs retrouveront l'arme, un couteau « papillon » que venait de lui remettre son cousin Rahny, âgé de 13 ans. II livrera aux policiers médusés une explication incroyablement banale de son geste : Franck Tavernier, qu'il n'avait jamais vu, lui avait refusé une cigarette et avait regardé « de travers » sa copine, Delphine. « Quand on cherche la m..., faut pas venir se plaindre après », ajoute t il. A partir d'aujourd'hui, c'est dans le huis clos de la cour d'assises des mineurs du Nord que devra s'expliquer le jeune homme. Initialement poursuivi pour « assassinat », il répond désormais de « meurtre » et encourt jusqu'à trente ans de réclusion si la cour refuse de lui accorder l'excuse de minorité. Son complice Rahny devrait bientôt comparaître devant un tribunal pour enfants. Les autres adolescents ont été remis en liberté. L'enfant témoin du meurtre suivie par des psychologues « Je ne voudrais pas que mes clients pâtissent de la paranoïa sécuritaire actuelle, prévient Me Eric Dupond Moretti, qui assure que Medhi est conscient de la gravité de son geste, « une catastrophe pour la famille de la victime et pour la sienne ». En face, les Tavernier. Plus de trois ans après les faits, cette famille nombreuse et modeste ne se remet pas de la disparition de Franck. La fillette de ce dernier, aujourd'hui âgé de 6 ans, est suivie de près par des psychologues. Quelles sont les images qui la hantent ? Se souvient elle de la violence avec laquelle Mehdi, qui s'apprêtait à reprendre l'Escalator après une première bagarre, a brusquement fait volte face pour asséner à Franck l'ultime coup de poignard ? A t elle gardé en mémoire les insultes ? Voit elle encore Delphine, la seule fille du groupe, asséner un dernier coup au visage de son père qui, déjà à terre, se meurt ? A Roubaix et dans ses environs, la tragédie avait suscité une vague d'émotion intense. Quelques jours après le drame, une marche silencieuse de près de 3 000 personnes avait inondé les rues de Croix, la petite ville où vivait Franck Tavernier. Tandis que l'extrême droite tentait en vain de récupérer l'affaire en évoquant un « crime raciste », la plupart des marcheurs disaient simplement leur écoeurement et leur honte devant un « meurtre gratuit ». Le verdict est attendu mercredi soir.
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Peine maximale infligée au jeune meurtrier du métro à Roubaix
YAHOO 28 janvier 2004 |
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DOUAI (AP) - La maximale cour d'assises des mineurs du Nord a infligé mercredi la peine maximale de quinze ans de réclusion criminelle au jeune homme qui avait mortellement poignardé un père de famille en octobre 2000 dans le métro à Roubaix.
Franck tavernier, 23 ans, était mort le 29 octobre 2000 dans une station de métro sous les yeux de sa petite fille de deux ans et d'un de ses frères à la suite d'une futile altercation.
L'agresseur, âgé de 16 ans à l'époque des faits, avait d'abord blessé à coups de couteau sa victime, avec l'aide de son cousin qui sera jugé prochainement par le tribunal des enfants de Lille (Nord).
Il était ensuite revenu pour planter son couteau dans la poitrine du père de famille.
Le jury, composé de cinq hommes et de quatre femmes, a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé quinze ans de réclusion à l'encontre du meurtrier. Le ministère public avait demandé que ne soit pas levée l'excuse de minorité, qui limite la peine à quinze ans, estimant ce verdict suffisamment exemplaire.
La cour d'assises des mineurs du Nord n'a toutefois retenu aucune excuse au meurtrier.
« Les jurés n'ont pas accordé de circonstances atténuantes à ce gosse qui a souffert de la séparation de ses parents, d'une éducation manifestement carencée et d'une structure mentale extrêmement fragile », a regretté son avocat, Me Eric Dupont-Moretti, à l'issue du procès, en annonçant sa décision de faire appel du verdict. Dans sa plaidoirie, il avait décrit l'existence d'un « garçon paumé ».
Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans, n'a exprimé des remords qu'à la fin du procès qui s'est déroulé à huis clos pendant deux jours et demi. «Je voudrais dire à la famille que je regrette », avait-il énoncé avec difficulté, selon Me Blandine Lejeune, un des deux avocats des parties civiles.
« On ne s'excuse pas au bout de trois ans. Il n'a donné aucune explication pendant le procès. Il a agi par haine », a protesté Christelle, la sour aînée de la victime.
« Il était responsable de ses actes. A 16 ans, on sait ce que l'on fait. Après avoir blessé mon frère de plusieurs coups de couteau, il est revenu le frapper une deuxième fois dans la poitrine. Il voulait le tuer », a estimé Vanessa, une des quatre sours de Franck Berton, avocat de sept des membres de la famille Tavernier.
La cour d'assises a accordé des dommages et intérêts de 60.000 euros pour le père, la mère et la petite fille de Franck Tavernier. Ses six frères et sours ont obtenus une somme de 15.000 euros.
Ils étaient effondrés à leur sortie du palais de justice de Douai.
A.P.
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Quinze ans de réclusion pour le meurtrier de Franck Tavernier
Nord Eclair, 29 janvier 2004 |
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La peine maximale
Hier, les jurés de la cour d'assises des mineurs de Douai ont rendu un verdict sévère : le jeune meurtrier de Franck Tavernier a été condamné à 15 ans de réclusion, la peine maximale pour un mineur. Me Dupond Moretti, son avocat, a immédiatement fait appel.
A la sortie de la salle d'audience, les avocats des parties civiles, Me Blandine Lejeune et Me Franck Berton, n'affichent aucun triomphalisme. Me Eric Dupont-Moretti, le défenseur de Rachid (*),lui, ne cache pas sa colèr. Son jeune client vient d'écoper de la peine maximale : 15 ans de réclusion pour le meurtre de Franck Tavernier, à Roubaix, le 29 octobre 2000.
« Aurait on infligé 30 ans à un majeur qui aurait commis le même crime ? », demande-t-il. Pour lui, les jurés ont oublié que l'excuse de minorité ne peut être levée que dans des circonstances exceptionnelles : « Ce n'est pas une faveur, c'est la règle ! », rappelle l'avocat. Condamner son client à quinze ans de prison, c'était donc ne lui accorder aucune circonstance atténuante. « La séparation des parents, les carences éducatives, la structure mentale fragile de ce gamin qui dispose de quatre mots de vocabulaire... Tout ça, la cour d'assises l'a balayé ». Me Dupond Moretti a immédiatement interjeté appel.
La cour d'assises a en fait suivi les réquisitions de l'avocat général, Patrick de Canecaude. Celui-ci avait laissé aux jurés le choix ou non de lever l'excuse de minorité. Juste avant son réquisitoire, hier matin, ce sont les avocats des parties civiles qui avaient plaidé.
« Ça aurait pu s'arrêter là »
Me Blandine Lejeune, avocate de la petite fille de Franck Tavernier, voulait surtout que la mère de sa cliente
« puisse dire à sa fille que le monsieur qui a fait mal à papa a été puni ». Elle n'a pas nié la part de responsabilité de Franck dans la bagarre : « Il a en la volonté de répondre, de ne pas se laisse insulter, d'en découdre à mains nues, de ne pas s'écraser devant son frère, sa fille, son amie. Les jeunes en face n'avaient pas l'habitude »: Mais, a souligné l'avocate, « ça aurait pu s'arrêter là ». C'est aussi ce qu'a retenu Me Franck Berton, l'avocat de la famille Tavernier. « L'accusé est jugé pour le deuxième moment, a-t-il expliqué. Quand, après que les deux groupes se furent séparés, il redescend, sort le couteau de sa poche, le rouvre et le plante violemment dans la poitrine de Franck Tavernier ». Pourquoi ? C'était la question que se posaient les Tavernier avant ce procès. « Tout ce que l'accusé a pu dire à la famille, c'est "c'est comme ça" », regrette Me Berton. Les parents, les six frères et sours de Franck, n'auront pour se consoler que la lourde condamnation, « même si, quelle que soit la peine, elle ne sera jamais suffisante », confie Corinne, une des grandes sours. « Les jurés ont pris conscience de la cruauté de son acte, dit elle encore. On a eu raison de faire confiance à la justice ». Reste qu'avec l'appel et le procès du complice présumé de Rachid son cousin qui aurait ceinturé Franck Tavernier et aurait fourni l'arme du crime, la famille devra encore affronter un long parcours judiciaire. « On ne fait pas un deuil sur de la haine », l'a prévenue Me Dupond-Moretti, reprenant les propos de l'avocat général. Un deuil de toute façon difficile pour les Tavernier.
« Ce qui leur reste de Franck, affirme Me Berton, ce sont quelques photos et deux plaques : son épitaphe et celle qui a été posée dans la station de métro Epeule-Montesquieu, à Roubaix ». Une citation de Martin Luther King est gravée sur cette plaque : « II faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots »...
Youenn Martin
(*) Conformément à la législation, le prénom du meurtrier, mineur au moment des faits, a été modifié.
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Procès à Douai du meurtrier présumé de Franck Tavernier
Nord Eclair, 28 janvier 2004 |
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Deux mères face à face (.)
Difficile de savoir ce qui se trame réellement dans une cour d'assises qui siège à huis clos. Condamnée à rester derrière la porte, la presse doit se fier aux déclarations des avocats des parties civiles et de la défense, ou aux impressions de la famille Tavernier.
Un exemple ? Les experts psychiatres qui sont venus à la barre hier après midi décrire la personnalité de
Rachid (*), l'accusé. Me Franck Berton, avocat des parents et des frères et sours de Franck, a surtout retenu la « responsabilité totale » de l'accusé, le fait qu'« on ne peut pas exclure une dangerosité psychiatrique », une « psychopathie asociale à venir ». Mais pour Me Eric Dupond-Moretti, qui défend Rachid, « les experts ont insisté sur l'âge, sur l'effet de groupe ». « On a eu une description assez précise des carences, des failles de ce gamin », affirme l'avocat.
Hier, ce sont principalement les parties civiles qui ont eu la parole. D'abord, Sébastien, le petit frère de Franck, cité également en tant que témoin. II est revenu sur l'altercation avec Rachid et sa bande. II a raconté comment personne ne s'était aperçu que son frère avait reçu un coup de couteau fatal, juste après que les protagonistes eurent été séparés. « Quand Franck prend ce coup de couteau, il est seul, explique Me Blandine Lejeune, avocate de la petite fille de la victime. II se relève. Son artère pulmonaire est sectionnée, il a une hémorragie interne massive, mais ça ne se voit pas ». Le sang sur sa, chemise peut tout aussi bien provenir des 10 autres coups de couteau qu'il a reçus au cours de la bagarre, au visage et au bras.
S'est-il lui même rendu compte de la gravité de sa blessure ? Franck Tavernier vent raccompagner sa petite fille jusqu'à Tourcoing, comme prévu. Son frère et ses amis l'incitent plutôt à se faire soigner. Une, peut-être deux minutes après le coup de couteau, le jeune homme s'effondre.
Des excuses sincères La suite, les Tavernier ont pu enfin la dire aux jurés et au président de la cour d'assises, M. Monier. Après l'examen des faits, la maman et la grande soeur de Franck ont eu la parole. « On a pu expliquer aux jurés ce qu'on ressentait depuis trois ans, ce qu'on vivait depuis le meurtre, confie Corinne. On a pu aussi leur faire connaître le Franck de la vie de tous les jours ». (.)
On a aussi parlé hier de la personnalité de l'accusé. Un accusé qui, dans la matinée, s'est excusé pour la première fois. Mais pour l'heure, les Tavernier doutent très fort de sa sincérité. Me Berton, s'inquiète de la dangerosité de Rachid, aujourd'hui âgé de 20 ans. Il craint qu'il ne récidive. « Ce n'est pas un monstre, c'est un gamin, rétorque l'avocat. du jeune homme. Si on me dit qu'à 16 ans, c'est fini, on ne peut plus rien pour lui, alors j'arrête mon métier ». (.)
* Conformément à la législation, le prénom de l'accusé, mineur au moment des faits, a été changé.
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Aux assises de Douai, le procès du meurtrier présumé de Franck Tavernier
Nord Eclair, 24 janvier 2004 |
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Roubaix : un regard, un poignard.
Le 29 octobre 2000, un Croisien de 23 ans, Franck Tavernier, était mortellement poignardé par une bande croisée dans le métro. Un acte gratuit ? Une banale « incivilité » qui aurait dégénéré ? Le meurtrier présumé qui avait 16 ans au moment des faits est jugé à partir de ce lundi.
Deux groupes de jeunes qui se croisent, se dévisagent, se toisent. Un bras de fer rien qu'avec les yeux. Et puis sans que l'on sache très bien pourquoi, soudain on se vole dans les plumes. Un peu comme dans la scène du ballet de West side story. Sauf que là ça n'a plus rien à voir avec la comédie musicale...
On est le 29 octobre 2000. Il est 18 h. Au pied de l'escalator de la station de métro Epeule-Montesquieu, Franck Tavernier agonise sur le carrelage devant son frère, sa fille de deux ans et trois amis impuissants.
Franck allait avoir 23 ans. Onze coups de couteau au total, au visage, à la tirait droite et surtout dans l'artère pulmonaire. Toute l'agglomération est atterrée. Des gerbes de fleurs sont déposées au pied de l'escalator.
Passée la stupeur, on se pose une foule de questions : les stations de ce métro entièrement automatisé, sans présence humaine, sont elles adaptées aux nouvelles formes de violence urbaine ? Une chose est sûre : le passage à l'an 2000 n'a aucunement servi de barrage à la haine.
Bruno Mégret était présent aux funérailles de Franck. On ignore si le chef de file du MNR a apprécié que l'office en l'église Saint-Pierre, noire de monde, soit ponctué de chansons de Bob Marley auquel le défunt vouait une admiration sans faille...
Il fallait s'y attendre : la mort de Franck a imprégné des mois durant le débat politique et la campagne des municipales. Au point que les maires de Roubaix, Wattrelos et Croix démarchèrent le ministre de l'Intérieur pour obtenir l'ouverture d'un commissariat de proximité près de la station, commissariat dont la construction n'est toujours pas engagée. Au point que la famille de Franck fut obligée de sortir de son silence pour récuser à une organisation d'extrême droite le droit d'utiliser sa douleur. Au point que les agressions avérées ou imaginaires survenues par la suite dans le métro entraînèrent pétitions et manifestations.
Une expédition punitive ratée ? Un dimanche gris et humide juste avant la Toussaint. Des jeunes qui s'ennuient ferme. Un ennui mortel, un ennui assassin. Rachid (1) a 16 ans. Son cousin Moktar, trois de moins. Moktar en compagnie de deux autres adolescents, traîne sa nonchalance en début d'après midi près de la mairie de Croix. Il y a là d'autres jeunes qui jouent au foot dans la station de métro.
Moktar et ses copains, dans un premier temps, tapent eux aussi dans le ballon avant de faire les poches des autres adolescents. Et c'est comme cela que Moktar se retrouve avec un couteau... Le temps est long le dimanche à Roubaix. Moktar fait à présent le pied de grue à la station de Mongy près du lycée Baudelaire. Un couple attend le tramway. Moktar essaie de le « taxer » d'une cigarette. Le couple refuse. Le ton monte. Moktar prend une gifle. Il n'est pas content du tout. Il promet des représailles. Appelle sur son téléphone portable son grand cousin. Rendez vous est pris à l'Eurotéléport. Rachid arrive avec des renforts : deux autres adolescents et la sueur de Moktar, tous mineurs d'âge. Mais le couple à punir n'est pas là. La bande, faute de pouvoir venger Moktar, décide de retourner à l'Epeule. Par le métro. Et c'est là, en remontant par l'escalator que la bande croise Franck et son entourage qui descendent...
Pour tuer ?
La suite ? Plutôt confuse. Il est ainsi difficile de déterminer à quel moment le couteau de type « papillon », volé à Croix, est passé de la poche de Moktar à la main de Rachid. Et ce qui a poussé ce dernier à s'en servir. Un différend à cause d'une nouvelle « extorsion » de cigarette ? Un regard de Franck Tavernier qui aurait incommodé la sour de Moktar ? Des .insultes ? Toujours est-il que, au bas de l'escalator, ceinturé par Moktar Franck aurait été frappé plusieurs fois par Rachid et ce malgré l'intervention d'un usager du métro qui avait tenté de s'interposer. Rachid s'est blessé au cours de la rixe. Saigner, c'est perdre la face, c'est la honte. Est-ce ce sentiment qui a éveillé un désir de vengeance ? Rachid serait revenu auprès de Franck en train de se relever. Et c'est là qu'il lui aurait porté le coup fatal. Dans l'intention de tuer ?
C'est là le noud de l'affaire. Le 29 octobre, tout s'est passé en accéléré : deux ou trois minutes. A la cour d'assises qui siègera à huis-clos, la scène sera vécue au ralenti. Avec arrêts sur images. Face à face, pour représenter la famille de Franck, Me Berton et Lejeune et pour défendre Rachid, Me Dupond-Moretti.
« Le vrai regard, c'est celui qui épouse I'autre, qui place sa confiance en lui », avait affirmé l'abbé Jacques Debliquis lors des funérailles de Franck. Après le procès de la tournante de Roubaix, se pose une nouvelle fois la question : quel regard la jeunesse porte-t-elle sur elle même. Si on peut tuer pour une cigarette ou un regard, faute de fraternité, notre monde est-il condamné irrémédiablement à la cécité ?
(1) Pour respecter la loi sur la protection des mineurs, les prénoms des jeunes mis en examen ont été changés.
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La
juge d'instruction reçoit les victimes
Nord Eclair, 28 novembre 2000 |
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Le
29 octobre 2000, un jeune Roubaisien de
23 ans, Franck Tavernier, est assassiné
dans une station de métro, à coups de couteau,
par plusieurs mineurs et sous les yeux de
sa petite fille de 3 ans.
En novembre, l'avocat des mineurs mis en
examen avait demandé leur mise en liberté
sous contrôle judiciaire. Les proches parents,
représentés par Me Franck Berton, se sont
opposés à cette remise en liberté et la
chambre d'accusation a suivi leurs prétentions.
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En
outre, Me Franck Berton s'inquiète de "ces
jeunes qui peuvent passer une partie de
leur après-midi à agresser les gens sans
intervention efficace des services de surveillance".
Inutile de dire que les parties civiles
pensent à appeler en garantie le transporteur
qui aurait une obligation de sécurité.
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Le meurtrier présumé bientôt libéré ?
Nord Eclair, 28 août 2002 |
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29 octobre 2000 : Franck Tavernier, 23 ans, est tué à coups de couteau sous les yeux de ta petite fille dans une station de métro à Roubaix. Emotion, manifestation silencieuse. Deux jours plus tard, son meurtrier présumé est placé en détention . Le jeune homme mineur avoue.
Pour les parties civiles et pour les maires
de Croix, Roubaix, et Wasquehal, l'instruction
judiciaire traîne en longueur de façon inexplicable.
A tel point que le détenu risque d'être
remis en liberté, à cause de délais dépassés,
avant même le procès devant la cour d'assises
du Nord à Douai. C'est du moins l'opinion
de Me Franck Berton, l'avocat de Corinne,
ex-compagne de Franck Tavernier et mère
de la petite fille . " Nous avons protesté
à plusieurs reprises et c'est vrai nous
sommes exaspérés ", admet Me Berton.
Le calcul de l'avocat lillois est simple. Le meurtrier présumé est né en janvier 1984. Son complice, moins impliqué et plus jeune - il est né en 1987 - a déjà été remis en liberté sans contrôle judiciaire. Au cours d'une instruction, les mineurs bénéficient de dates butoirs qui les remettent en liberté automatiquement. Or l'instruction n'est pas close et ne le sera pas dans les jours prochains.
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Durant l'été, Me Franck Berton ou Me Blandine Lejeune - qui défend l'autre branche de la famille victime, partie civile - n'ont pas été les seuls à protester. Dans une lettre commune adressée au Procureur de la République, MM.Vandierendonck, Carnois et Vignoble, respectivement maires de Roubaix, Croix et Wasquehal, s'indignent aussi.
Cette missive est nette : " ce drame
avait mobilisé des milliers de personnes
pour les obsèques. Ce qui témoigne d'un
émoi collectif très important. Or à ce jour,
l'instruction continue dans des délais qui
semblent très lourd pour la famille".
Les élus ajoutent : " Nous aimerions
savoir s'il y a un risque que le mis en
examen soient libérés sous contrôle judiciaire
avant leur comparution devant la cour d'assises
".
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Peine maximale pour une douleur sans fin
La Voix du Nord, 29 janvier 2004 |
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Au terme de trois jours de débats, la cour de Douai a condamné le meurtrier présumé de Franck Tavernier à 15 ans de réclusion criminelle. La défense a décidé d'interjeter appel.
QUINZE ans de réclusion. Le verdict prononcé hier par la cour d'assises des mineurs de Douai est lourd, sans nuance, à l'image de la douleur que la famille Tavernier porte en elle depuis trois ans. Depuis cette tragique soirée du 29 octobre 2000 qui a vu une banale altercation dégénérer en un bain de violence et de sang. Les frères et sours, les parents de Franck voulaient « une peine exemplaire » à l'encontre de Karim (1), l'auteur présumé du coup mortel (2). Elle l'a obtenue, même si, juste à la sortie de la salle d'audience, une des sours de Franck reconnaissait « qu'une peine, même maximale, ne répare rien ».
Le soulagement et la satisfaction des membres de la famille Tavernier ne duraient d'ailleurs que quelques minutes, le temps pour eux d'apprendre la décision de Me Dupond Moretti, avocat de Karim, d'interjeter appel de ce verdict. II y aura donc un nouveau procès, de nouvelles épreuves. Me Berton, qui défend depuis le début les intérêts de la famille Tavernier, ne semblait nullement surpris par la décision de son confrère de la défense :
« Aucune circonstance atténuante n'a été retenue en faveur de l'accusé. Les jurés du second procès auront au moins comme base ce premier verdict. »
Le matin, dans leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles, Mes Berton et Lejeune, ne s'étaient toutefois pas aventurés sur l'échelle des peines, expliquaient-ils à l'issue de l'audience. Le premier avait insisté sur les risques de récidive que présentait l'accusé, la seconde avait demandé aux jurés « une peine apaisante, pour que la mère de la petite fille de Franck Tavernier puisse dire que celui qui a fait du mal à papa a été puni ». Me Berton avait également tenté de désamorcer l'un des arguments de la défense en affirmant qu'il n'était « pas question de faire porter à l'accusé tout le poids de l'insécurité nationale. Sa propre insécurité suffit ! »
(.)
1. Le prénom a été modifié, la loi ne nous permettant pas d'identifier un mineur faisant l'objet d'une procédure judiciaire.
2. L'accusé reste « meurtrier présumé» du fait de l'appel interjeté par Me Dupond-Moretti. La loi stipule que l'accusé reste présumé innocent tant que toutes les formes de recours n'ont pas été épuisées.
OLIVIER HENNION
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Témoignages et expertises au programme du deuxième jour du procès du meurtries présumé de Franck Tavernier lavoixdunord.fr, 28 janvier 2004 |
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« AUJOURD'HUI, pour la première fois, nous pouvons exister devant la justice, parler de Franck, de notre douleur, de notre vie avec lui et de cette absence depuis trois ans. Corinne Tavernier semblait épuisée mais presque déjà soulagée, hier, au terme de son témoignage. La soeur aînée de Franck a sans doute fait là, devant la cour d'assises des mineurs de Douai, ce premier vers un travail de deuil qui se refuse depuis trois ans à l'ensemble de la famille Tavernier. Les frères, les sours, les parents, les amis de la victime ont ainsi eu ce précieux droit de parler face aux jurés, face à Karim (1), l'auteur présumé du coup mortel. (.)
Face à ces provocations pathétiques d'adolescents teigneux, l'immense majorité des adultes aurait passé son chemin sans plus de dommages... Me Berton, qui représente la famille Tavernier, s'est d'ailleurs déjà insurgé qu'on puisse « considérer comme normal d'être insulté dans le métro sans avoir le droit de réagir ».
Dangereux ou en progrès ?
Outre la famille Tavernier, de nombreux experts étaient appelés à la barre, hier. Le médecin légiste a souligné la violence du coup de couteau fatal qui a sectionné l'artère pulmonaire près du coeur et déclenché une hémorragie interne massive entraînant rapidement la mort de Franck Tavernier.
Les psychiatres ont également eu à se pencher sur la personnalité de Karim. Et certains termes employés dans leurs comptes rendus pourraient peser lourd. Ils évoquent une « psychopathie asociale à venir », « une dangerosité psychiatrique non exclue ». Les rapports soulignent également que l'accusé est totalement responsable de ses actes, mais que sa personnalité s'est sans doute construite au fil de nombreuses faillites.
C'est sur la base de cet examen de personnalité que Me Franck Berton entend demander aujourd'hui la levée de l'excuse de minorité qui divise par deux l'échelle des peines encourues par les mineurs. « La loi précise que les circonstances et la personnalité de l'accusé peuvent justifier cette levée », expliquait hier l'avocat de la famille Tavernier.(.)
Parmi les derniers témoignages de la journée, celui de la mère de l'accusé qui, elle, a demandé pardon à la famille Tavernier, et reconnu qu'elle se sentait en partie coupable. Des mots peut-être suffisants pour atténuer quelque peu l'étouffante tension qui règne autour de la salle d'audience... Mais la famille Tavernier est venue à Douai pour entendre un verdict, la conclusion de trois années de lutte. Désormais, seules les plaidoiries, le réquisitoire et le temps de réflexion accordé au jury les séparent de ce moment...
O. H.
1. Le prénom a été modifié, la loi ne nous autorisant pas à identifier un mineur faisant l'objet d'une procédure
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Témoignages et expertises au programme du deuxième jour du procès du meurtrier présumé de Franck Tavernier
La Voix du Nord, 28 janvier 2004 |
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Quelques secondes qui comptent pour des années...
AUJOURD'HUI, pour la première fois, nous pouvons exister devant la justice, parler de Franck, de notre douleur, de notre vie avec lui et de cette absence depuis trois ans. » Corinne Tavernier semblait épuisée mais presque déjà soulagée, hier, au terme de son témoignage. La soeur aînée de Franck a sans doute fait là, devant la cour d'assises des mineurs de Douai, ce premier pas vers un travail de deuil qui se refuse depuis trois ans à l'ensemble de la famille Tavernier. Les frères, les sours, les parents, les amis de la victime ont ainsi eu ce précieux droit de parole, face aux jurés, face à Karim (1), l'auteur présumé du coup mortel.
Face à Me Dupond-Moretti également, qui a minutieusement décortiqué l'enchaînement des faits, quelques secondes avant l'ultime coup de couteau. L'avocat du jeune accusé a notamment souligné la volonté de Franck Tavernier d'en découdre, de ne pas se laisser insulter sans rien dire, de ne pas refuser la bagarre. Ce que Me Blandine Lejeune, avocate de la partie civile représentant la petite fille de Franck Tavernier, appelle un
« mauvais réflexe ».
Face à ces provocations pathétiques d'adolescents teigneux, l'immense majorité des adultes aurait passé son chemin sans plus de dommages... Me Berton, qui représente la famille Tavernier, s'est d'ailleurs déjà insurgé qu'on puisse « considérer comme normal d'être insulté dans le métro sans avoir le.droit de réagir ».(.)
Les psychiatres ont également eu à se pencher sur la personnalité de Karim. Et certains des termes employés dans leurs comptes rendus pourraient peser lourd. Ils évoquent « une psychopathie asociale à venir », « une dangerosité psychiatrique non exclue ». Les rapports soulignent également que l'accusé est totalement responsable de ses actes, mais que sa personnalité s'est sans doute construite au fil de nombreuses faillites.(.)
O.H.
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Mais pourquoi donc Franck tavernier est-il mort ?
La Voix du Nord, 27 janvier 2004 |
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La tension et le silence. II est un peu moins de 14 heures, ce lundi. La famille Tavernier en rangs serrés, visages fermés, s'engage dans l'escalier qui mène à la salle d'audience A du tribunal de grande instance de Douai. Là où, dans quelques instants, s'ouvrira le procès du meurtrier présumé de Franck Tavernier devant la cour d'assises des mineurs (notre édition précédente). Face à l'entrée, les proches de l'auteur présumé du coup de couteau mortel attendent eux aussi que les portes s'ouvrent. Durant un instant, les deux groupes se frôlent presque sans se regarder puis s'écartent sans un mot. (.)
Peut on tuer, comme on l'a souvent écrit, « pour un regard »? Ou même pour une cigarette ou quelques insultes échangées, entre deux groupes...
« On ne peut pas accepter que Franck soit mort sans raison», expliquait Corinne Tavernier, l'une des quatre sours de la victime, à la sortie de l'audience. Pourtant, hier, Karim n'a pas su, pas voulu faire face au vide de ses justifications. « Il est aux abois, il essaie d'échapper à ses responsabilités. Il ne s'est pas justifié, n'a formulé aucune excuse, ni aucun remords », notait Franck Berton, avocat de la famille Tavernier. Me Berton qui déplorait « l'attitude des membres de là bande de Karim qui ne se souviennent plus de rien, reviennent sur leurs déposition en affirmant que ce sont les policiers qui les ont forcés. » (.)
L'avocat de la défense, Me Dupont Moretti, très énervé, dénonçait tout d'abord les conditions dans lesquelles Karim était passé aux aveux : au beau milieu de la nuit, après des heures d'interrogatoire. II tentait ensuite de placer le geste fatal dans le cadre « d'une bagarre entre deux groupes, et non d'une agression. Ce, n'est pas un crime gratuit, il y a un contexte à prendre en compte. J'ai l'impression qu'on veut faire porter à mon client tout le poids de l'insécurité nationale ! » Et Me Dupont Moretti de dépeindre un portrait de Karim très différent de celui esquissé par Me Berton « Il a conscience du mal qu'il a fait mais il peine à parler aux victimes. C'est un jeune homme qui a pris du recul. » (.)
OLIVIER HENNION.
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Le 29 octobre 2000, Franck Tavernier était tué à coups de couteau dans la station de métro Epeule- Montesquieu, à Roubaix
La Voix du Nord, 25 et 26 janvier 2004 |
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Quel prix à payer pour un meurtre gratuit ?
Le 29 octobre 2000, peu après 18 heures, Franck Tavernier, un Croisien de 23 ans, s'effondrait sur le sol de la station de métro Epeule-Montesquieu, à Roubaix, victime d'un coup de couteau à l'artère pulmonaire, le onzième coup asséné par son agresseur. Malgré l'intervention des secours et les efforts des médecins, Franck Tavernier décédait moins de deux heures plus tard.
Au terme d'une enquête rapidement menée, les enquêteurs interpellaient dans les jours suivants cinq adolescents (quatre garçons et une fille) âgés de 13 à 16 ans, parmi lesquels se trouvaient l'auteur présumé des coups mortels, Karim (1), 16 ans au moment des faits, et celui qui est considéré comme son principal complice, son cousin Djamel (1), 13 ans, qui aurait volé le couteau avant de le remettre à Karim.
Sous les yeux de sa fille Plus de trois ans après cette tragédie, le procès du meurtrier présumé de Franck Tavernier va enfin avoir lieu, à partir de demain, devant la cour d'assises des mineurs de Douai. Un procès à huis clos dont la première des tâches sera de clarifier définitivement l'enchaînement fatal des faits lors de cette soirée du 29 octobre. Deux groupes qui se croisent, quelques regards quelques mots, et Franck Tavernier se retrouve face à une bande d'adolescents haineux et armés ayant passé toute leur journée à agresser et menacer les usagers du métro.
En quelques secondes, cette altercation d'une tragique banalité va basculer dans l'horreur... Franck Tavernier est poignardé à mort sous les yeux de son frère et de sa petite fille âgée d'à peine trois ans à l'époque... et désormais condamnée à un très long suivi psychologique.
La douleur à perpétuité, les tensions et les larmes qui ont fait voler une famille en éclats : voilà la peine partagée par les Tavernier. Obligés de déménager, les parents de Franck ne se relèvent pas de cette épreuve. Corinne Tavernier, l'une des sours, a pris à bras-le-corps le suivi du dossier, enchaîné les rendez vous avec les différents juges d'instruction qui ont tenté avec plus ou moins de succès d'amener Karim devant une cour d'assises.
Une échelle de peines réduite... Aujourd'hui, c'est chose faite, et les membres de la famille Tavernier se trouvent en proie au doute, comme s'ils craignaient de voir le meurtrier présumé de leur fils, de leur frère, profiter d'une justice trop clémente. Les peines infligées en assises aux mineurs sont en effet moitié moins lourdes que celles prononcées contre les personnes majeures. On risque donc de voir ressurgir le débat sur le traitement à appliquer aux mineurs coupables de crimes de sang.
Ce procès sera également l'occasion d'un face à face entre deux « ténors » du barreau : Me Dupont Moretti assurera la défense de Karim, tandis que Me Berton défendra les intérêts de la famille Tavernier. Tous deux auront, dans leur registre, la mission délicate d'aider la justice à passer, sereinement, dans un climat extrême de tension. Pour la famille Tavernier, la peine est déjà « tombée » depuis trois ans, lourde, sans appel : la douleur à perpétuité. Et face à un tel verdict, il sera sans doute difficile de trouver le chemin de l'équité.
OLIVIER HENNION.
1. Les prénoms ont été modifiés, la loi ne nous autorisant pas à identifier un mineur faisant l'objet d'une procédure judiciaire.
Le procès s'ouvrira ce lundi. La cour d'assises devrait rendre son verdict mercredi.
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Liberté
d'expression ou exploitation politique
d'un drame
La Voix du Nord, 24 janvier 2001 |
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Six
semaines après le drame, le Front National
a distribué des tracts précisant, à propos
de Franck Tavernier, " sa mort aurait pu
être évitée si les politiciens avaient pris
des décisions qui s'imposent au lieu de
pactiser avec des voyous ".
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Selon
Me Franck Berton, avocat de la famille du
défunt, " ce tract de propagande politique
n'a nullement été autorisé par les ayants-droits
de Franck Tavernier et constitue une faute
engageant la responsabilité du Front National
". L'avocat évoque l'article 9 du
code civil qui indique que chacun a droit
au respect de la vie privée.
Me Berton explique qu' "en associant
le nom de Franck Tavernier à une publication
dont l'un des mobiles est la récupération
à des fins de propagande politique d'un
fait divers dramatique ayant choqué l'opinion
publique, le Front national a porté gravement
atteinte à l'intimité de la vie privée de
la famille Tavernier ainsi qu'à son nom".
Enfin, conclut Me Berton "la provision
engendrée par le tract est telle que la
famille Tavernier craint aujourd'hui des
représailles, les idées extrémistes véhiculées
par le FN entraînant des réactions violentes".
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