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LOI
KOUCHNER ET DROITS DU MALADE |
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Témoin de Jéhovah transfusé, hôpital condamné
Le Figaro 5 septembre 2002 |
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Le
tribunal administratif de Lille crée une
jurisprudence en donnant raison à une toute
jeune mère du valenciennois
Que fallait-il faire vendredi 23 août au
service de réanimation de valenciennes,
face à une jeune parturiente souffrant d'une
grave hémorragie, «mettant en danger
sa vie», selon le Dr jean-luc Chagnon,
chef de service ?
La jeune femme vient d'accoucher dans une
clinique privée. Dès son transfert au centre
hospitalier de Valenciennes, le jeudi, la
nouvelle mère présente toutes les indications
d'une transfusion sanguine. Elle la refuse
en vertu de ses croyances religieuses :
elle est témoin de jéhovah. Le corps médical
tente de la convaincre, ainsi que son époux.
Mais rien n'y fait. Le couple va même jusqu'à
contacter l'avocat lillois Franck Berton.
«Ma cliente a signée une décharge
à l'hôpital», insiste le défenseur,
qui ne comprend pas pourquoi les médecins
ont délibérément enfreint la nouvelle loi
Kouchner de mars 2002. Le texte stipule
l'inviolabilité du corps du patient et fait
obligation aux médecins de convaincre le
malade de la nécessité de tel ou tel traitement.
«Et non de faire pression sur lui»,
crie le défenseur .
Du côté de l'hôpital de Valenciennes, Philippe Jahan, le directeur général et le docteur Albert Verier, président de la commission médicale de l'établissement, s'entendent pour confirmer que la décision prise de transfuser cette patiente contre son gré l'a été de façon collégiale et après des heures de réflexion.
En effet, tout en voulant préserver le secret
médical, le chef de service réanimation
indique qu'afin de respecter l'attente de
la famille, tous les moyens hors transfusion
avaient été mis en ouvre au cours des 24
heures qui ont suivi son admission. «Il
n'était pas question pour nous d'aller contre
leur volonté» insiste le Dr Chagnon.
Me Berton semble bien moins convaincu, lui
qui affirme que sa cliente a été victime
de pressions face auxquelles elle n'a pas
cédé : «Ma cliente a toujours été
consciente, sauf lorsqu'on l'a endormie
pour la transfuser»
(.)
En attendant d'éventuelles autres poursuites, le tribunal administratif de Lille a déjà donné raison à la jeune mère, dans le cadre d'une procédure accéléré (requête en référé). Il interdisait à l'hôpital, dès le dimanche 25 aoùt, d'effectuer de nouvelles transfusions sur la jeune témoin de Jéhovah. Or, cette décision est la première du genre depuis la promulgation de la loi Kouchner et elle fait donc d'ores et déjà jurisprudence.
Le centre hospitalier de Valenciennes a décidé de faire appel de la décision du tribunal administratif et espère une expertise pour démontrer sa bonne foi.
En attendant l'enfant et surtout la mère se portent bien.
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Primauté à la volonté du malade
La Croix, 5 septembre 2002 |
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Un
tribunal a donné raison à une patiente,
témoins de Jéhovah, transfusée contre son
gré. L'hôpital affirme que la transfusion
était l'unique chance de la sauver
Un médecin doit-il essayer de sauver contre son gré un patient qui refuse d'être soigné ? cette délicate question est au centre d'une affaire qui s'est déroulée à la fin du mois d'août au centre hospitalier de Valenciennes. Dans une ordonnance datée du 25 août, le tribunal administratif de Lille a fait injonction à l'hôpital de ne plus " procéder à l'administration forcée de transfusion sanguine " contre le gré et à l'insu d'une patiente témoin de Jéhovah, qui venait d'accoucher . Le centre hospitalier de Valenciennes qui a fait appel de cette décision, affirme, pour sa part que la vie de la jeune femme était en jeu.
L'affaire avait découlé trois jours plus tôt, le 22 août. Une jeune femme de 24 ans qui vient d'accoucher dans une clinique périphérique, est alors transférée au service de réanimation du centre hospitalier de valenciennes en raison de complications liées à son accouchement. Rapidement, elle informelles médecins de son opposition à toute transfusion en raison de son appartenance aux témoins de Jéhovah. Elle signe même une décharge écrite afin de dégager l'hôpital et les médecins de toute responsabilité ultérieure. " En dépit de son refus clairement exprimé, les médecins n'ont cesse de faire pression sur elle pour la transfuser coute que coute. Au bout de deux jours, ils ont fini par l'endormir sans l'en avoir informé et ont procédé à la transfusion " raconte son avocat Me Franck Berton.
Une atteinte grave et illégale aux libertés
fondamentales
Saisi par ce dernier, le tribunal administratif rend dès le lendemain une ordonnance dans laquelle il demande à l'hôpital de cesser toute transfusion . L'ordonnance affirme qu'il n'est pas établi que le refus de respecter la volonté de la patiente ait été rendu nécessaire " du fait d'un danger immédiat pour sa vie ". En conséquence le tribunal affirme que le fait de ne pas avoir respecté la volonté de MME X, personne majeure, " constitue une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales ".
L'hôpital affirme que la transfusion a été pratiquée en " dernier recours "parce qu'elle constituait " l'unique chance " pour la jeune maman d'être sauvée. Son avocat conteste cette version en affirmant que sa cliente qui est aujourd'hui sortie de l'hôpital avec son bébé n'a jamais été informée clairement de l'urgence de la situation pas plus que le tribunal.
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Entretien de Laurent Guimier, journaliste " Opinion ", avec le Professeur Jean-Michel DUBERNARD
Europe 1 Opinion, 5 septembre 2002 |
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Laurent GUIMIER :
L'hôpital de Valenciennes condamné pour avoir transfusé une femme Témoin de Jéhovah contre son gré. L'affaire fait grand bruit, voilà des tracas judiciaires en plus pour les médecins. Le professeur DUBERNARD, chirurgien à Lyon, a opéré de nombreux Témoins de Jéhovah : pour lui, quoi qu'il en coûte, il faut toujours respecter la volonté du patient.
Professeur Jean-Michel DUBERNARD :
A partir du moment où un sujet adulte, sain d'esprit, prend une décision, je crois qu'il faut clairement la respecter. Alors moi je suis impliqué dans la chirurgie des Témoins de Jéhovah depuis 30 ans, j'ai toujours essayé de respecter la volonté de ces patients à partir du moment où ils avaient compris, correctement, les informations qu'on leur avait fournies. Nous, on fait à Lyon des greffes de reins, des greffes de foies : chez des Témoins de Jéhovah, les greffes de foie c'est une opération où du sang est perdu très souvent en quantité importante et peut-être parce que l'on est encore plus attentif qu'à l'accoutumée, on a. moi je n'ai jamais eu de problèmes.
Laurent GUIMIER :
Mais alors on peut se dire : le problème c'est que l'on va tellement loin après dans le judiciaire que l'on pourrait après vous attaquer s'il y avait un problème pour non-assistance à personne en danger.
Professeur Jean-Michel DUBERNARD :
Moi je sais que vis-à-vis des enfants, parce que les parents n'ont pas à se substituer à eux, dans ce type de situation, mais pour le reste je pense que si on est un homme qui respecte les autres, qui respecte leur dignité, il n'y a pas à hésiter, il faut aller dans le sens du patient. Vous êtes médecin, vous voyez une jeune femme de 24 ans mourir dans les suites d'une hémorragie après l'accouchement, c'est difficile de la laisser mourir, mais si on est, si on respecte la dignité de cette personne, si on est certain de son information, de sa volonté, je pense qu'il ne faut pas hésiter.
Laurent GUIMIER :
Oui, même si on pense au petit bébé qui vient de naître
Professeur Jean-Michel DUBERNARD :
Non, mais enfin vous posez le problème qui est extrêmement compliqué ou alors à ce moment là on supprime la liberté individuelle.
Toute la difficulté, moi, de mon expérience dans les discussions avec les Témoins de Jéhovah, c'est de s'assurer du fait que leu volonté est vraiment appuyée sur une conviction religieuse et que cette volonté est vraiment forte et ça n'est pas toujours le cas. Je me rappelle très très bien d'un cas très précis, avant une cystectomie, ablation de la vessie, le patient qui m'a fait revenir après en disant : " écoutez, bon, je vais parler devant ma sour, qui était sa sour aînée, mais si je saigne , passez-moi un peu de sang, je ne veux pas que ça se sache ".
Laurent GUIMIER :
Oui, c'est ça.
Professeur Jean-Michel DUBERNARD :
Alors moi je pense que le médecin on peut dire qu'il a tout à fait raison d'avoir pris en conscience la décision de transfuser pour l'empêcher de mourir parce qu'il était selon lui de la non-assistance à personne en danger, mais enfin la patiente a vu sa liberté non respectée.
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La justice ordonne l'arrêt d'une transfusion
Le Parisien, 4 septembre 2002 |
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C'est une décision de justicequi pourrait faire jurisprudence. Le tribunal administratif de Lille a donné raison à une jeune femme témoin de Jéhovah qui était transfusée contre son gré. Un jugement en contradiction avec l'arrêt du Conseil d'Etat rendu en octobre 2001, qui considérait dans une affaire similaire que des médecins n'avaient pas fauté en transfusant en urgence un témoin de Jéhovah.
Le jeudi 21 août, Carole, 24 ans, originaire
de Saint-Amand (Nord), qui est sur le point
de donner naissance à un enfant , est admise
dans une maternité située à côté de Valenciennes.
Après l'accouchement, la patiente est victime
d'une hémorragie. Les médecins décident
de la transférer au centre de réanimation
de l'hôpital de Valenciennes. "le
bébé est sauvé, mais l'état de santé de
sa maman était jugé grave. Il n'y avit pas
d'autre alternative thérapeutique",
raconte Philippe Jahan, directeur du centre
hospitalier Hôtel-Dieu de Valenciennes.
Carole est donc transfusée. Membre des témoins
de jéhovah, la jeune femme refuse de recevoir
du sang par injection. Les urgentistes ne
tiennent pas compte de sa demande.
Droit du malade contre éthique médicale
Dimanche 24 août, Franck Berton, l'avocat
de Carole, toujours hospitalisée à valenciennes,
demande l'interruption de la transfusion
devant le tribunal administratif de Lille
en référé (une procédure d'urgence). Fait
inédit, le juge exige que l'hôpital arrête
l'administration de la transfusion sanguine
effectuée contre le gré de la patiente et
de sa famille. Pour obtenir gain de cause,
Franck Berton s'est appuyé sur la loi Kouchner
votée cette année. "Aucun acte ne
peut être pratiqué sans le consentement
libre du patient s'il est en état de manifester.
Il doit être informé auparavant des conséquences
éventuelles de son refus", remarque
l'avocat lillois.
Droit du malade contre éthique médicale
: l'administration hospitalière se retrouve
face à un épineux casse-tête. "Cette
nouvelle loi me paraît bonne mais elle porte
un principe contradictoire. Est-ce que l'on
peut laisser mourir quelqu'un parce que
l'on respecte sa volonté ? ", s'interroge
Albert Vérier, président de la commission
médicale de l'hôpital de Valenciennes.
Carole est ressortie cette semaine en pleine forme avec son enfant. Sa victoire remportée devant la justice risque d'ouvrir une brèche pour tous les malades qui contestent les choix thérapeutiques de leurs médecins.
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Témoins de Jéhovah, elle avait été transfusée contre son gré
La voix du nord, 4 septembre 2002 |
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Le
tribunal administratif de Lille crée une
jurisprudence en donnant raison à une toute
jeune mère du valenciennois
Que fallait-il faire vendredi 23 août au
service de réanimation de valenciennes,
face à une jeune parturiente souffrant d'une
grave hémorragie, «mettant en danger
sa vie», selon le Dr jean-luc Chagnon,
chef de service ?
La jeune femme vient d'accoucher dans une
clinique privée. Dès son transfert au centre
hospitalier de Valenciennes, le jeudi, la
nouvelle mère présente toutes les indications
d'une transfusion sanguine. Elle la refuse
en vertu de ses croyances religieuses :
elle est témoin de jéhovah. Le corps médical
tente de la convaincre, ainsi que son époux.
Mais rien n'y fait. Le couple va même jusqu'à
contacter l'avocat lillois Franck Berton.
«Ma cliente a signée une décharge
à l'hôpital», insiste le défenseur,
qui ne comprend pas pourquoi les médecins
ont délibérément enfreint la nouvelle loi
Kouchner de mars 2002. Le texte stipule
l'inviolabilité du corps du patient et fait
obligation aux médecins de convaincre le
malade de la nécessité de tel ou tel traitement.
«Et non de faire pression sur lui»,
crie le défenseur .
Du côté de l'hôpital de Valenciennes, Philippe Jahan, le directeur général et le docteur Albert Verier, président de la commission médicale de l'établissement, s'entendent pour confirmer que la décision prise de transfuser cette patiente contre son gré l'a été de façon collégiale et après des heures de réflexion.
En effet, tout en voulant préserver le secret
médical, le chef de service réanimation
indique qu'afin de respecter l'attente de
la famille, tous les moyens hors transfusion
avaient été mis en ouvre au cours des 24
heures qui ont suivi son admission. «Il
n'était pas question pour nous d'aller contre
leur volonté» insiste le Dr Chagnon.
Me Berton semble bien moins convaincu, lui
qui affirme que sa cliente a été victime
de pressions face auxquelles elle n'a pas
cédé : «Ma cliente a toujours été
consciente, sauf lorsqu'on l'a endormie
pour la transfuser»
(.)
En attendant d'éventuelles autres poursuites, le tribunal administratif de Lille a déjà donné raison à la jeune mère, dans le cadre d'une procédure accéléré (requête en référé). Il interdisait à l'hôpital, dès le dimanche 25 aoùt, d'effectuer de nouvelles transfusions sur la jeune témoin de Jéhovah. Or, cette décision est la première du genre depuis la promulgation de la loi Kouchner et elle fait donc d'ores et déjà jurisprudence.
Le centre hospitalier de Valenciennes a décidé de faire appel de la décision du tribunal administratif et espère une expertise pour démontrer sa bonne foi.
En attendant l'enfant et surtout la mère se portent bien.
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Un tribunal relance la question des soins aux Témoins de Jéhovah
Le Monde.fr, 4 septembre 2002 |
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Le tribunal administratif de Lille a relancé la lancinante question des soins aux Témoins de Jéhovah avec une ordonnance qui a semblé prendre en compte la nouvelle loi Kouchner en donnant raison à une femme transfusée contre son gré à l'hôpital de Valenciennes (Nord).
Le tribunal a donné raison le 25 août à une femme témoin de Jéhovah transfusée contre son gré, faisant injonction à l'hôpital de "ne pas procéder à l'administration forcée de transfusion sanguine contre le gré et à l'insu" de la patiente.
La jeune femme, âgée de 24 ans, avait été transfusée le 23 août au centre hospitalier de Valenciennes, où elle avait été admise la veille dans un état critique à la suite d'une hémorragie consécutive à un accouchement.
Le centre hospitalier a aussitôt décidé de faire appel de la décision du tribunal administratif, "car la gravité du péril encouru par la jeune femme n'a pas été prise en compte par le juge", a déclaré mercredi Philippe Jahan, le directeur de l'hôpital, lors d'une conférence de presse.
Pour Me Franck Berton, avocat de
la patiente, qui "avait catégoriquement
refusé la transfusion et signé une décharge
à cet effet", l'hôpital a agi en
violation de la loi Kouchner de mars 2002.
De son côté, l'hôpital s'appuie sur un arrêt
du Conseil d'Etat qui avait considéré en
octobre 2001 que des médecins ayant pratiqué
des transfusions sanguines sur un témoin
de Jéhovah contre son gré "n'avaient
pas commis de faute".
Le directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation, Gérard Dumont, a déclaré mercredi matin à Lille qu'il ne lui appartenait pas de "commenter une décision juridique, alors que la procédure est encore en cours".
"Cette affaire va certainement remonter
au Conseil d'Etat, dont la décision fera
sans doute jurisprudence", car c'est
la première fois que la justice a à trancher
dans ce type d'affaire depuis la promulgation
de la loi Kouchner, a-t-il ajouté.
La loi du 4 mars 2002 (articles 9 et 11),
dite Kouchner, dispose que "si la
volonté de la personne de refuser ou d'interrompre
un traitement met sa vie en danger, le médecin
doit tout mettre en oeuvre pour la convaincre
d'accepter les soins indispensables",
mais qu'"aucun acte médical ni aucun
autre traitement ne peut être pratiqué sans
le consentement libre et éclairé de la personne".
"J'ai été confronté à une situation
très difficile", a expliqué le docteur
Jean-Luc Chagnon, chef du service de réanimation
de l'hôpital, qui a dialogué pendant 24
heures avec la patiente et sa famille pour
les convaincre de la nécessité de la transfusion.
"Il y avait un danger de mort imminent.
Nous avons pris notre décision en notre
âme et conscience après avoir épuisé tous
les moyens thérapeutiques", autres
que la transfusion sanguine, "après
consultation du directeur de l'hôpital et
des autorités judiciaires", a-t-il
expliqué.
"Je ne regrette rien. Pouvions-nous
laisser mourir une femme de 24 ans qui a
mis au monde un petit garçon ?",
a-t-il poursuivi.
M. Jahan a souligné que la décision de la transfusion n'était "nullement une décision dogmatique" mais résultait d'un examen du cas particulier.
La jeune femme, mère d'un petit garçon, se porte bien et a quitté l'hôpital le 26 août.
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Valenciennes
Transfusion contestée : l'Hôpital fait
appel
Nord Eclair, 04
septembre 2002 |
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Samedi
dernier, Nord Eclair révélait une décision
exceptionnelle du tribunal administratif
lillois : le président A.de Pontonx, siégeant
en tant que juge des référés (procédure
d'urgence) avait décidé, le dimanche précédant,
d'interdire à l'hôpital de Valenciennes
une transfusion sanguine contre la volonté
d'une patiente, hospitalisée dans le service
des soins intensifs.
Cette dame, dont nous ne révélons pas le nom, est témoin de jéhovah. Elle et son mari estiment que leurs croyances religieuses s'opposent aux transfusions sanguines.
Me Franck Berton défendait les époux X.
L'avocat lillois s'appuyait sur la loi du
4 mars 2002. Il est désormais permis, si
un liberté fondamentale est menacée par
un organisme public, que le juge administratif
se prononce "en référé". madame X
estimait avoir déjà reçu une transfusion
sanguine contre son gré et désirait donc
que la justice s'oppose à d'éventuelles
nouvelles transfusions.
Saisi le vendredi 23 août par la requête de me Berton, devant se prononcer obligatoirement dans les 48 H qui suivent , le président de Potonx, le dimanche 25, abondait donc dans le sens voulu par les époux X.
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Hôpital de Valenciennes : Une transfusion sanctionnée
Nord Eclair, 31 août 2002
Une femme témoin de Jéhovah, hospitalisée à valenciennes, s'est retournée auprès du tribunal administratif de Lille contre l'établissement qui l'avait transfusée sans son accord.
(.)
Usant des termes d'une nouvelle loi, madame
X, et son époux, assistés de Me Franck Berton,
ont plaidé leur dossier en référé (procédure
d'urgence) devant le tribunal administratif
de lille. Le juge, aux termes de la loi
doit donner son avis dans les quarante huit
heures après la requête si "une personne
de droit public ou un organisme de droit
privé dans le cadre de la gestion d'un service
public avait porté une atteinte grave"
à une liberté fondamentale.
Une
décision qui va faire du bruit
Saisit le 23 août, le juge au tribunal administratif a examiné le dossier dimanche matin et le soir même rendait sa décision. Un dimanche 25 août, au tribunal administratif, il n'y avait pas grand monde même pour une audience publique !
Cependant cette décision fera du bruit : On interdit à l'hôpital de Valenciennes d'effectuer dorénavant une transfusion sanguine contre le gré de la plaignante. Madame X est témoin de jéhovah, elle estime qu'une transfusion sanguine va à l'encontre de ses convictions religieuses.
Défense
d'une liberté fondamentale ?
Les époux X craignant une nouvelle transfusion
de force, ont donc estimé qu'il y avait
urgence à s'adresser au juge administratif.
La justice est allé tout à fait dans le
sens souhaité par la requérante : " il
est fait injonction au CHR Hôtel Dieu de
Valenciennes de ne pas procéder à l'administration
forcée de transfusion sanguine à Madame
X contre son gré et à son insu. "
Me Berton, contacté, refuse de se prononcer
sur ce dossier précis mais ajoute : "
Cela concerne tout le monde car le tribunal
administratif défend une liberté fondamentale
: aucun acte médical ne peut être pratiqué
sans le consentement libre du patient qui
aura été informé auparavant des conséquences
éventuelles de son refus "
Selon une source proche du dossier, une commission rogatoire internationale de retour de Belgique aurait influencé les magistrats douaisiens : les enquêteurs belges y affirmaient que toutes les assertions sur une ramification belge de ce réseau, sur le meurtre d'une enfant et sur un sex-shop suspect à Ostende semblaient fantaisistes.
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la justice donne raison à un témoin de Jéhovah transfusé contre son gré
AFP, lille 03 septembre 2002 |
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Le tribunal administratif de Lille a donné raison à une femme témoin de Jéhovah transfusée contre son gré à l'hôpital de Valenciennes après un accouchement.
Le tribunal a fait injonction à l'hôpital
de "ne pas procéder à l'administration
forcée de transfusion sanguine contre le
gré et à l'insu" de la patiente,
a précisé Me Franck Berton.
Il a rendu son ordonnance le 25 août, deux
jours après le dépôt de la requête par l'avocat,
en tenant compte de l'"urgence" de
la situation. Il a qualifié le refus de
tenir compte de l'opposition de la patiente
d'"atteinte grave et manifestement
illégale à la liberté individuelle".
La jeune femme de 24 ans avait été transfusée le 23 août au centre hospitalier de Valenciennes, où elle avait été admise la veille à la suite d'une hémorragie consécutive à un accouchement.
"Ma cliente avait catégoriquement
refusé la transfusion et avait signé une
décharge à l'hôpital. Malgré cela, les médecins
ont fait pression sur elle pour la persuader
de la nécessité de l'opération et ont décidé
de l'intervention, malgré son refus constant",
a déclaré à l'AFP Me Berton.
"L'hôpital a agi en violation de la
loi Kouchner de mars 2002 qui stipule l'inviolabilité
du corps du patient et fait obligation aux
médecins de convaincre le patient et non
de faire pression sur lui", a-t-il
précisé.
Le centre hospitalier de Valenciennes a
décidé de faire appel, estimant que "tous
les autres recours médicaux avaient été
épuisés" lorsque la décision de
transfuser la jeune femme avait été prise.
Il a pris sa décision en se fondant notamment
sur un arrêt du Conseil d'Etat - antérieur
à la loi Kouchner - qui avait considéré
en octobre 2001 que des médecins ayant pratiqué
des transfusions sanguines sur un témoin
de Jéhovah contre son gré "n'avaient
pas commis de faute".
Pour Me Berton, la décision rendue par le
tribunal administratif "fait d'ores
et déjà jurisprudence car c'est la première
fois depuis la promulgation de la nouvelle
loi que la justice est amenée à trancher
dans ce cas de figure".
La jeune femme, mère d'un petit garçon, est sortie de l'hôpital de Valenciennes et se porte bien, a précisé Me Berton.
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