Ce qu'il risque avec le système anglais...
Ecrit par Eric Dussart
Yamine Ladghem-Chikouche a passé sa première nuit en prison. C'est probablement mercredi qu'il sera extradé à Londres.
Là-bas, deux options lui seront proposées, au bout d'une période d'une cinquantaine de jours : il peut choisir d'être jugé devant la cour criminelle, ou négocier sa peine avec un juge, suivant la procédure du plaider-coupable que la justice française a un peu adoptée, mais pas pour les affaires criminelles.
Décision rapide
S'il choisit le procès, il peut espérer que la légitime défense soit reconnue. S'il arrive à convaincre. « Dans ce cas, il peut être acquitté », dit Frank Berton.
Mais la cour anglaise peut également retenir l'homicide involontaire, et même l'homicide volontaire... « Cela peut aller jusqu'à la perpétuité.
» Seconde option : le plaider-coupable. « Alors, on négocie. Et la peine peut tourner, si le juge retient l'homicide involontaire, autour de huit à dix ans. » Et tout cela peut aller très vite : « Quoi qu'il arrive, il sera fixé avant la fin de l'année. Cette célérité permet à la justice anglaise de ne jamais être condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, contrairement à la France. » Ces jours-ci, à Douai, des hommes sont encore jugés après quatre ans de détention préventive.
Dans le bureau de son avocat, hier midi, Yamine Ladghem ne savait plus que penser. Et le soir, Frank Berton s'interrogeait encore : « Le choix sera toujours douloureux. Mais ce choix-là devrait revenir aux avocats français, si on introduit le plaider-coupable en matière criminelle... »