L'avocat des Adachour veut des explications

Ecrit par Vincent Vantighem
« S'il le faut, je demanderais que Nicolas Sarkozy soit entendu dans cette affaire. » Franck Berton est l'avocat de Mohamed Adachour et de son fils Ahmed. Une famille de Werwicq qui a reçu, le 26 juillet 2005, la visite des inspecteurs de la Direction de la surveillance du territoire (DST).

Suspectés de nourrir des liens avec le terrorisme international, les deux hommes ont été arrêtés manu militari sous l'oeil des caméras de France 2. Avant d'être mis hors de cause trois jours plus tard.

Mais alors que le magistrat chargé de l'enquête s'apprête à clore l'instruction, Franck Berton ne compte pas en rester là. « Je vais demander au juge d'entendre tous les policiers parisiens et lillois qui avaient connaissance de cette opération. » Son objectif : découvrir d'où proviennent les fuites et savoir si l'opération relevait d'un plan de communication du ministère de l'Intérieur.

Entendu il y a deux semaines, le journaliste de France 2 qui s'était rendu sur place a invoqué le secret de ses sources tout en lâchant qu'il avait été prévenu huit jours avant l'arrestation. « Ce qui prouve bien que tout cela était prémédité », juge Franck Berton. Quant au patron de la DST, également auditionné, il a affirmé qu'une trentaine de personnes à Paris, dont il se porte garant, étaient au courant. « De toute façon, c'est un mauvais coup porté à notre service », a-t-il conclu. Guerre des polices ou effet médiatique ? Franck Berton veut en avoir le coeur net. « Le juge n'a mis en examen personne. Il n'a désigné aucun responsable. Je ne peux pas me satisfaire de ces résultats. » D'autant que depuis les faits, aucune enquête interne à la DST n'a été diligentée à ce sujet.