L’avocat de la famille porte plainte, exige des explications

Ecrit par A.D.S.
L’affaire des deux interpellations musclées menées par la DST, mardi dernier, dans une famille franco-marocaine à Wervicq Sud n’a pas fini de faire parler d’elle. L’avocat de la famille, Maître Berton, a rencontré le père de famille âgé de 56 ans ainsi que son fils âgé de 20 ans hier. Trois plaintes vont être déposées par l’avocat lillois auprès du doyen des juges d’instruction de Lille pour violation du secret professionnel, violation du secret de l’instruction, et atteinte à la présomption d’innocence. Le défendeur veut que la lumière soit faite dans cette affaire qu’il qualifie de coup monté : « Je veux savoir qui, au ministère de l’Intérieur, a prévenu l’AFP et France 2 pour que ces interpellations se fassent sous l’œil des objectifs et des caméras ? Tout ça a été orchestré. On ne jette pas l’opprobre sur une famille de cette façon en se gardant bien ensuite de rappeler les médias pour annoncer leur libération et dire qu’ils sont hors de cause », indique l’avocat qui estime également que le secret de l’instruction a été malmené dans cette affaire avec la visite du juge Bruguière, survenue au lendemain des interpellations. « La plainte pour atteinte à la présomption d’innocence est motivée par la révélation de l’identité de la famille », poursuit l’avocat regrettant certains amalgames. Maître Berton souhaite obtenir des dommages et intérêts pour la famille.

Par ailleurs, l’avocat rédige également une lettre à l’intention du ministre de l’Intérieur pour dénoncer les conditions de garde à vue et la pression psychologique exercée sur le père de famille et son fils : « La pression psychologique durant la garde à vue a été extrêmement dure. Mes deux clients n’ont presque pas dormi, ni mangé. On leur imposait des interrogatoires interminables sans parler des considérations dont ils ont fait l’objet … Nous attendons une lettre d’excuses », précise Maître Berton.

« Le père de famille entendait son fils pleurer derrière la cloison. Tous deux sont meurtris mais je m’inquiète davantage pour le fils qui semble très affecté », livre l’avocat, très déterminé.