Interpellations de la DST à Wervicq - Le délai de garde à vue expire demain matin

Ce matin, le père de famille et son fils devraient recevoir la visite de Maître Deswarte, la collaboratrice de Maître Berton, leur avocat. La garde à vue pourrait s’achever demain matin, sauf mise en examen. Dans ce dossier secret-défense, on sent poindre une certaine forme d’embarras.

Le père de famille, âgé de 56 ans, et son fils de 20 ans, interpellés mardi à Wervicq-Sud, étaient, toujours en garde à vue, hier, dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire à La madeleine. Après l’audition de l’un des fils cadets, âgé de 18 ans, mercredi matin, aucun autre membre de cette famille franco-marocaine n’a été convoqué par les enquêteurs. Le père, dont la santé est décrite comme fragile par les enfants en raison de problèmes cardiaques, aurait reçu une visite d’un médecin. La fratrie, très éprouvée par les événements, compte beaucoup sur sa défense qui devait intervenir ce matin auprès des deux gardés à vue, en la personne de Maître Aurélie Deswarte, collaboratrice de Maître Franck Berton. Ce dernier parle de « coup médiatique ».

« C’est fou ! »
La fille aînée, âgée de 21 ans, est frappée par la quantité d’éléments réunis par les enquêteurs : « Ils sont au courant des moindres coups de téléphone, de tous nos déplacements, des visites effectuées à la famille aux Pays-Bas. Ils nous surveillent depuis un an et demi. C’est fou ! » Et de se demander : « Pourquoi ne sont-ils pas intervenus plus tôt s’ils avaient réellement des choses à reprocher à mon père et à mon frère ? On aurait laissé deux terroristes se balader comme ça dans la nature ? »

Interrogée sur les fréquentations de son frère, la jeune femme livre sans détour : « J’ai une confiance aveugle en mon frère. Vous avez déjà rencontré un poseur de bombe qui travaille chez McDo ? », renvoie-t-elle.
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Contactée par téléphone au ministère de l’Intérieur, la Direction générale de la police nationale, dont dépend la DST, n’a pas souhaité communiquer sur cette affaire.
L’officier chargé de répondre à la presse renvoie vers le ministère de la Justice, et les juges Bruguières et Ricard. On ne sait si les juges anti-terroristes ont entendu les deux suspects.
Silence procédurier ou embarrassé ? Difficile de trancher dans cette délicate affaire de contre-terrorisme qui survient après les attentas de Londres, mais aussi après les déclarations des chefs d’Etat français et espagnol sur l’impérieuse nécessité d’une collaboration étroite entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme.

La garde à vue des deux Werviquois devrait s’achever demain matin, sauf éléments à charge et mis en examen.