Pour la vérité d'Outreau, on attendra (encore).
Si le jeune Daniel Legrand avait le cour un peu lourd, hier, c'est surtout à cause de l'élimination de l'US Boulogne par l'AJ Auxerre. « On n'est pas passé loin ».
Il était bien sûr dans les tribunes du stade Bollaert, lui qui n'avait pas pu vivre l'exploit du tour précèdent, face à Nantes : « Ce jour-là, j'étais à Paris, convoqué par la présidente de la cour d'assises. »
Convoqué. pour préparer le procès qui devait démarrer le 10 du mois prochain, justement, et qui désormais reporté à une date qui n'est toujours pas communiquée. « Les rôles sont établis jusqu 'aux vacances », dit une magistrate parisienne. Au mieux, ce sera pour la fin de l'année.
Ce report n'a donc pas affecté le jeune homme de Boulogne. « J'ai passé trente mois en prison ; voilà trois ans et demi que je crie mon innocence : je suis plus à ça prés. »
Et même, il trouve matière à s'en réjouir, peut être : « Tant mieux, si ça peut servir pour établir mon innocence. Tout de même, c'est un soulagement. »
Une « ardoise »
Pourtant, ce fameux Dany, que les enfants auraient vu « grand », Daniel Legrand n'en fait pas coupable pour autant : « Je ne veux pas qu'il soit accusé de quoi que ce soit. Simplement, j'ai toujours dit qu'on m'avait confondu avec quelqu'un d'autre, alors maintenant, je suis content que tout le monde puisse voir que c'est vrai. »
Ce nouveau Dany, que la présidente Varin fera entendre avant le procès, et qu'on verra sans aucun doute témoigner, à l'audience, y allait donc régulièrement, lui . Roselyne Godard est formelle : il avait même une « ardoise » auprès de la boulangère, et il était l'ami d'autres accusés, pour lesquels il a toujours de l'estime, tout comme son ex-compagne, qui vit toujours dans le même immeuble.
Julien Delarue, qui est aujourd'hui l'avocat jeune Daniel Legrand après avoir obtenu l'acquittement du père en première instance, veut prévenir : « On n'a certainement pas retrouvé le vrai coupable à la place d'un autre ! Je ne veux pas que ce qui s'est produit à l'instruction se produise pour ce monsieur, qui est à son tour rattrapé par le simple fait qu'à moment, il a croisé les enfants » du couple Myriam-Thierry.
La présidente Varin va donc désigner maintenant un juge d'instruction. Il sera chargé d'entendre l'ex-compagne de Dany de recueillir son témoignage afin de lui demander ce qu'elle pourrait apprendre à la justice de ce qui se passait avant 2001 dans la résidence Les Merles ; et accessoirement, de favoriser la localisation de son ex-compagnon (qu'on a pu voir ces jours derniers sur les écrans de télé), ce qui ne devrait pas être difficile, même si celui-ci habite désormais la région de Carcassonne.
« Monstreux »
« C'est terrible pour tout le monde », dit Franck Berton, aujourd'hui avocat de Franck Lavier. « Pour la justice, d'abord, puisqu'on se rend compte que ce sont les présidents de cour d'assises qui se retrouvent obligés de faire l'instruction. » Là, il fait référence au travail du président Monier, qui avait fait considérablement avancer le dossier, à l'audience de Saint-Omer.
« Et surtout pour les accusés, qui attendent depuis si longtemps, qui s'étaient psychologiquement préparés à un procès pour le mois prochain. » Là c'est à son client que pense Maître Berton : « il ne peut toujours pas vivre avec son épouse, ni voir ses enfants dans des conditions normales ! Voilà quatre ans que cela dure ».