FRANCK LAVIER, condamné à six ans première instance : « Je veux retrouver ma famille »

Ecrit par Geoffroy Tomasovitch
Condamné à six ans de prison, Franck Lavier, érémiste de 28 ans, est l'un des 6 accusés d'Outreau à avoir fait appel. Marqué par tente-sept mois de détention, il a toujours crié son innocence. Ecarté de sa femme et de ses enfants, il confie depuis Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) sa colère et sa détresse, rendue plus cruelle encore par le report du procès en appel.

Que pensez-vous du report du procès ? Franck Lavier : C'est vraiment ennuyeux. Il va falloir encore attendre, encore et encore. Je me retrouve à nouveau victime de leurs erreurs, quatre ans après. Le comble, c'est que si je n'avais pas fait appel, j'aurais eu le droit de vivre avec ma femme Sandrine. Aujourd'hui, mon contrôle judiciaire m'interdit même de la voir. Ils disent que je pourrais exercer des pressions sur elle, conscientes ou inconscientes. C'est ridicule.

Et les répercussions sur vos enfants ?
FB : Bien sûr, ça repousse encore nos retrouvailles. J'ai été acquitté pour les faits qu'on me reprochait sur mes deux derniers enfants, Lucas et Cassandra. Malgré ça, ils sont toujours placés et Sandrine et moi avons un droit de visite dérisoire. Avec mon avocat Maître Franck Berton, il y a des choses qu'on ne comprend pas. Alain Marcéaux (NDLR : l'huissier condamné pour agressions sexuelles sur son fils cadet) est parti en vacances à Saint-Domingue avec ses fils, dont celui qui a entraîné sa condamnation. C'est bien pour lui. A Vannes (NDLR : les enfants Marcéaux vivent en Bretagne), le juge des enfants n'a pas le même regard qu'à Boulogne-sur-Mer.

Vous estimez être victime d'un acharnement ?
FB : Oui. On a beau remué ciel et terre, ils s'en moquent. Avant, on voyait Lucas et Cassandra pendant une heure, deux fois par mois. C'est passé à une fois par mois. Les assistantes sociales ont fait des rapports carrément contre nous, alors que certaines sociales ont fait des rapports carrément contre nous, alors que certaines ne sont même pas déplacées ! Les visites aux petits ont lieu en terrain neutre, toujours en présence d'une éducatrice, dans une petite pièce. Pour des enfants, ce n'est pas bon, ils ont besoin d'espace. A la fin de l'heure, Lucas me dit à chaque fois « Papa, viens avec moi, je repars avec toi ». Lui et sa sour ne comprennent pas pourquoi sa maman et moi ne sommes plus avec eux depuis si longtemps. Le plus dur, c'est que je n'ai pas le droit de répondre à mon fils, parce que ce serait parlé des faits. Je me sens dans l'impasse et dans l'étau.

Comment envisagez-vous l'issue de tout cela ?
FB : Je suis pleinement confiant pour l'appel. A Paris, ils auront un oil neuf sur l'affaire. On aura plus l'étiquette de Saint-Omer, tant de choses absurdes ont été révélées aux gens depuis ! Je cherche du travail aussi, mais le procès prend du temps, ce n'est pas facile pour les employeurs. Mais ce que je veux, c'est retrouver ma famille, pas des morceaux de puzzle que je ne peux pas raccorder !