Peine maximale infligée au jeune meurtrier du métro à Roubaix

Ecrit par A.P
DOUAI (AP) - La maximale cour d'assises des mineurs du Nord a infligé mercredi la peine maximale de quinze ans de réclusion criminelle au jeune homme qui avait mortellement poignardé un père de famille en octobre 2000 dans le métro à Roubaix.
Franck tavernier, 23 ans, était mort le 29 octobre 2000 dans une station de métro sous les yeux de sa petite fille de deux ans et d'un de ses frères à la suite d'une futile altercation.

L'agresseur, âgé de 16 ans à l'époque des faits, avait d'abord blessé à coups de couteau sa victime, avec l'aide de son cousin qui sera jugé prochainement par le tribunal des enfants de Lille (Nord).

Il était ensuite revenu pour planter son couteau dans la poitrine du père de famille.

Le jury, composé de cinq hommes et de quatre femmes, a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé quinze ans de réclusion à l'encontre du meurtrier. Le ministère public avait demandé que ne soit pas levée l'excuse de minorité, qui limite la peine à quinze ans, estimant ce verdict suffisamment exemplaire.

La cour d'assises des mineurs du Nord n'a toutefois retenu aucune excuse au meurtrier.

« Les jurés n'ont pas accordé de circonstances atténuantes à ce gosse qui a souffert de la séparation de ses parents, d'une éducation manifestement carencée et d'une structure mentale extrêmement fragile », a regretté son avocat, Me Eric Dupont-Moretti, à l'issue du procès, en annonçant sa décision de faire appel du verdict. Dans sa plaidoirie, il avait décrit l'existence d'un « garçon paumé ». Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans, n'a exprimé des remords qu'à la fin du procès qui s'est déroulé à huis clos pendant deux jours et demi. «Je voudrais dire à la famille que je regrette », avait-il énoncé avec difficulté, selon Me Blandine Lejeune, un des deux avocats des parties civiles.

« On ne s'excuse pas au bout de trois ans. Il n'a donné aucune explication pendant le procès. Il a agi par haine », a protesté Christelle, la sour aînée de la victime.
« Il était responsable de ses actes. A 16 ans, on sait ce que l'on fait. Après avoir blessé mon frère de plusieurs coups de couteau, il est revenu le frapper une deuxième fois dans la poitrine. Il voulait le tuer », a estimé Vanessa, une des quatre sours de Franck Berton, avocat de sept des membres de la famille Tavernier.
La cour d'assises a accordé des dommages et intérêts de 60.000 euros pour le père, la mère et la petite fille de Franck Tavernier. Ses six frères et sours ont obtenus une somme de 15.000 euros.

Ils étaient effondrés à leur sortie du palais de justice de Douai.