Mais pourquoi donc Franck tavernier est-il mort ?

Ecrit par O.H
La tension et le silence. II est un peu moins de 14 heures, ce lundi. La famille Tavernier en rangs serrés, visages fermés, s'engage dans l'escalier qui mène à la salle d'audience A du tribunal de grande instance de Douai. Là où, dans quelques instants, s'ouvrira le procès du meurtrier présumé de Franck Tavernier devant la cour d'assises des mineurs (notre édition précédente). Face à l'entrée, les proches de l'auteur présumé du coup de couteau mortel attendent eux aussi que les portes s'ouvrent. Durant un instant, les deux groupes se frôlent presque sans se regarder puis s'écartent sans un mot. (.)

Peut on tuer, comme on l'a souvent écrit, « pour un regard »? Ou même pour une cigarette ou quelques insultes échangées, entre deux groupes...

« On ne peut pas accepter que Franck soit mort sans raison», expliquait Corinne Tavernier, l'une des quatre soeurs de la victime, à la sortie de l'audience. Pourtant, hier, Karim n'a pas su, pas voulu faire face au vide de ses justifications. « Il est aux abois, il essaie d'échapper à ses responsabilités. Il ne s'est pas justifié, n'a formulé aucune excuse, ni aucun remords », notait Franck Berton, avocat de la famille Tavernier. Me Berton qui déplorait « l'attitude des membres de là bande de Karim qui ne se souviennent plus de rien, reviennent sur leurs déposition en affirmant que ce sont les policiers qui les ont forcés. » (.)

L'avocat de la défense, Me Dupont Moretti, très énervé, dénonçait tout d'abord les conditions dans lesquelles Karim était passé aux aveux : au beau milieu de la nuit, après des heures d'interrogatoire. II tentait ensuite de placer le geste fatal dans le cadre « d'une bagarre entre deux groupes, et non d'une agression. Ce, n'est pas un crime gratuit, il y a un contexte à prendre en compte. J'ai l'impression qu'on veut faire porter à mon client tout le poids de l'insécurité nationale ! » Et Me Dupont Moretti de dépeindre un portrait de Karim très différent de celui esquissé par Me Berton « Il a conscience du mal qu'il a fait mais il peine à parler aux victimes. C'est un jeune homme qui a pris du recul. » (.)