Jack Lang assigne devant la justice

FAITS DIVERS
L'instruction continue et les avocats de la défense veulent que la présomption d'innocence soit respectée.
AFFAIRE DE BUCQUOY : LES INTERROGATOIRES ONT REPRIS
Les gendarmes ont terminé l'audition de toutes les personnes concernées de près ou de loin par l'affaire de pédophilie supposée, à Bucquoy. Une centaine de personnes au total, et notamment tous les parents d'élèves, ont ainsi étaient entendues par les enquêteurs. L'essentiel des vérifications est par ailleurs également achevé. De nouvelles investigations ne sont pour l'instant pas prévues.

On se souvient qu'à la rentrée de septembre, le mari de la directrice de l'école primaire de Bucquoy avait été interpellé et mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans après les révélations de jeunes enfants. Il avait placé sous mandat de dépôt le 5 septembre.

Les choses devraient progressivement s'accélérer avec d'autres interrogatoires du mari, et de la directrice elle-même. Cette dernière, toujours suspendue, demeure encore dans son logement de fonction attenant à l'école primaire. Entendue à l'époque des faits en qualité de témoin assisté elle n'a pas changé de statut depuis. Il se dit qu'avant le mois de septembre prochain, toute l'instruction pourrait être bouclée.

JACK LANG AU TRIBUNAL
Parallèlement à l'affaire en elle-même, les deux avocats de la défense Franck BERTON et Christian COCHET - mènent un autre combat : ils ont assigné, devant le tribunal civil d'Arras, en Décembre, Jack Lang pour non respect de la présomption d'innocence. Le 6 septembre, soit le lendemain même de l'arrestation du mari de la directrice, le ministre de l'Education nationale avait en effet envoyé un courrier aux parents d'élèves mettant clairement en cause le prévenu (" j'ai appris les actes scandaleux et odieux commis par l'époux de la directrice "). Le procureur, chargé par le préfet du Pas-de-Calais de représenter Jack Lang, qui ne conteste pas la faute, cependant demandé, en février, le renvoi de l'affaire devant le tribunal administratif, en expliquant que le ministre avait agi " dans le cadre de ses fonctions et avec les moyens du service, sans aucun intérêt personnel ". Hier, les deux parties (le procureur et les deux avocats) ont été entendues. Ils ont chacun donné leurs arguments au président du tribunal civil, qui dira si le ministre a agi personnellement ou non. Selon le délibéré qu'il rendra le 1er mai prochain, il se déclarera compétent ou non pour juger cette affaire.