Treize ans de réclusion pour le père qui nie l'inceste

Ecrit par Eric Dussart
C'est une histoire d'inceste. Ou peut-être pas. Trois filles accusent leur père et celui-ci répète qu'il n'a rien fait. Elles crient à la barre, hurlent leur douleur, leurs mains posées sur leur ventre de jeune femme, aujourd'hui, effondrées sous des larmes violentes.

Et lui qui nie. Et son épouse qui le soutient, implore ses filles d'arrêter, d'arrêter, d'arrêter, c'est tellement dur. Si dur qu'elle tombe, inconsciente.

Derrière elle, toute la famille, tous les amis, les voisins qui n'y croient pas : « C'est le plus gentil des hommes. ». Mais qui écoutent les filles et qui doutent. Elles sont si convaincantes, elles sont brisées. « Moi, je ne sais pas », dit Raphaël Thery, l'avocat du père.

Norbert Dornez, l'avocat général, n'a pas de doute : il demande 15 à 18 ans de réclusion criminelle. Un procès violent, tendu pendant quatre jours complets, d'une douleur épaisse, heureusement mené avec autorité et humanité par Sylvie Karasse, qui se retire avec un jury en larmes, bouleversé. Verdict : treize ans de réclusion, hier soir. Il a dix jours pour faire appel.