Lomme : relaxe pour le délégué syndical d'Ikéa

Ecrit par L. B. et FK. L.
Le tribunal a estimé que la direction d'Ikéa était parfaitement au courant ... de ces notes de frais. C'est la raison pour laquelle il vous relaxe. » Hier, à l'ouverture de l'audience, la présidente Nourith Reliquet pouvait difficilement être plus claire. Dans la salle, un homme, Sandro B. pousse un soupir de soulagement. Voici pourquoi.

À 46 ans, l'homme s'est forgé une belle carrière professionnelle et, surtout, syndicale. C'est un cocktail des deux qui lui a valu de comparaître le 13 octobre 2009 devant le tribunal. Entré chez Ikéa Lomme en 1991, il y gravit de nombreux échelons, notamment en tant que délégué CFDT. Sandro B. se hisse dans le top six des délégués nationaux d'Ikéa France. L'occasion de relations privilégiées avec la DRH centrale. D'où une série d'avantages particuliers, dont de somptuaires notes de frais. Mais en 2005, après une valse de directeurs, Ikéa attaque son ex-salarié pour 32 000 E indûment perçus de 2004 à 2005.

Acheter la paix sociale ?

Pourquoi ? « Ikéa avait intérêt à s'entendre avec la CFDT, soulignait à la barre l'ex-délégué, car mon organisation négociait et signait les accords d'entreprise. » Et de prendre pour exemple les 35 heures. Accord signé par la seule CFDT sous la précieuse plume de... Sandro B. Ce dernier revendiquait même un rôle de pompier. À l'époque, il sillonne la France des magasins Ikéa. Les contestations ? « Je les ai vite calmées. » Et puis, arrive la loi de modernisation sociale de 2004. La seule signature d'un syndicat minoritaire ne suffit plus à valider un accord. « D'où sa chute aux enfers », stigmatisait Me Franck Berton, pour la défense de l'ex-syndicaliste. « Si notre but était d'acheter la paix sociale, pourquoi déposer plainte ? », s'était interrogée l'avocate d'Ikéa. La procureure Alice Picot partageait ce sentiment.

Estimant ces faits de « pure escroquerie » parfaitement constitués, elle avait requis 18 mois de prison avec sursis.

Hier, le tribunal n'a donc pas eu la même lecture. « Cette relaxe constitue un désaveu total de la politique sociale d'Ikéa », a commenté Franck Berton.