Le CH de Douai et deux médecins seclinois mis en examen pour homicide involontaire
Ecrit par Eric Dussart
L'histoire remonte à juin 2005. Thierry Carpentier, 42 ans, un commercial rugbyman amateur, subit une piqûre ...
intramusculaire pour soigner des problèmes d'allergie au pollen. Présente à son côté, son épouse estime que la généraliste ne s'embarrasse guère de précautions d'asepsie (devant le juge, le médecin dira qu'elle s'est désinfecté les mains, puis la zone à piquer) et qu'elle présente de l'eczéma sur la main droite.
En tout cas, vingt-quatre heures plus tard, soit le 24 juin, Thierry Carpentier, qui souffre de violentes douleurs à la fesse, consulte aux urgences de l'hôpital de Seclin, la ville où il travaille. Un médecin (qui n'exerce plus là aujourd'hui) lui dit que ce n'est rien de grave et lui prescrit une pommade calmante et du paracétamol. Mais le jeune homme souffre. Alors, il retourne à l'hôpital, le soir même, mais on lui répète qu'il n'a rien.
Pendant la nuit, alors qu'il est chez lui, à Roost-Warendin, la douleur devient intolérable et une ambulance le transporte au centre hospitalier de Douai.
Il y arrive vers 5 h et, immédiatement, l'infection est diagnostiquée. Mais il semble que l'avis chirurgical réclamé ne vienne que tardivement et que les conclusions ne soient tirées qu'en fin de matinée : ce n'est qu'à 14 h 30 que Thierry Carpentier est opéré. Il est alors beaucoup trop tard.
Son état s'aggrave et il faut le transférer au CHR de Lille. Là, c'est l'urgence. Devant l'ampleur du mal, les chirurgiens n'ont plus qu'une solution : ôter la jambe complète. Thierry Carpentier est démembré. Malgré cela, il décédera des suites d'une gangrène trois jours plus tard, soit le 30 juin à 3 h 15.
« Presque cinq ans pour en arriver là, c'est trop »
Depuis ce temps, son épouse se bat pour que soit reconnue la responsabilité des médecins. La généraliste qui avait piqué son mari à la fesse a été mise en examen en 2008 pour homicide involontaire. Mais ce n'est que ce lundi que l'urgentiste de Seclin, ainsi que le centre hospitalier de Douai, en tant que personne morale, ont été mis en examen à leur tour, pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.
« Quel combat judiciaire il aura fallu mener, peste Me Frank Berton, l'avocat de Mme Carpentier.
Aujourd'hui, je me félicite de la décision du nouveau juge, mais vraiment, presque cinq ans pour en arriver là, c'est trop. Et on dit que la justice est lente ! Elle a bon dos, la justice... »