Des larmes et des regrets au procès du Somainois accusé d'inceste

Ecrit par C.D

Hier, la cour d'assises était appelée à juger G. R, un Somainois de 55 ans, pour des faits d'agressions sexuelles et de viols sur ses trois filles.



Un dossier lourd, sur fond d'alcool, de violences et de drame familial. C'est ce qui est ressorti hier après plusieurs heures de débats et de témoignages.

Les faits remontent à la période comprise entre 1984 et 1996. À l'époque marié, père de six enfants dont trois filles, l'homme est décrit par ses proches et par les experts comme quelqu'un de violent, d'alcoolique et de narcissique. Ancien chauffeur de bus, licencié à cause de ses problèmes d'alcool, il n'arrive pas à conserver un emploi stable et passe la majeure partie de son temps à boire, « environ une vingtaine de bières par jour ». C'est « dans ce climat de peur » et pendant l'absence de son épouse, que l'homme commet les faits qui lui sont reprochés.

Des agressions qui ont commencé, selon les victimes, vers l'âge de trois ou quatre ans, lorsqu'elles étaient en maternelle. « Mes premiers souvenirs remontent à l'âge de sept ans, mais il me violait depuis longtemps ». Dans l'unique chambre de la maison familiale, le père commet des attouchements, puis des viols. Une pièce, « simplement fermée par un rideau », qui devient vite la chambre de l'horreur pour les petites. « Ça a duré environ dix ans », ajoutent-elles. Des propos confirmés par les frères des victimes, présents au moment des faits. « On entendait gémir et pleurer derrière le rideau, mais à l'époque, nous étions trop petits, on ne savait pas et on avait peur.

» Présent dans le box des accusés, l'homme ne nie pas ce qui lui est reproché. « Un fait rare dans ce type d'affaire », souligne la présidente de la cour. Pourtant, lors de l'audience, il fait preuve de détachement, d'absence, notamment pendant les témoignages de ses enfants. Il peine à montrer des regrets. « Ce n'était pas bien, je ne m'en rendais pas compte », répond-il après plusieurs minutes de sollicitation. Une mère absente

Révélée en octobre 2007 par la mère, alors séparée de son mari, puis par ses trois filles, l'affaire prend une tournure inattendue. « Ma mère a surpris mon père un jour, explique l'une des jeunes femmes. Je devais avoir une dizaine d'années. Quand je lui ai demandé pourquoi elle ne faisait rien, elle m'a dit, "tu n'as qu'à te défendre" ». Une absence de réaction confirmée et regrettée par l'intéressée qui a exprimé à plusieurs reprises ses regrets. « J'avais peur qu'on me retire mes enfants, je n'ai pensé qu'à moi.

» À la fin des débats, l'émotion est vive dans la salle. Les pleurs des victimes faisant place à la colère et à un sentiment de culpabilité des autres membres de la famille. « Il faut qu'il paye. Il ne se rend pas compte à quel point il a détruit notre enfance mais aussi toute notre vie.

» Le verdict devrait être rendu ce soir.