Dechy : vol avec violence, le prévenu sera-t-il relaxé ?
Ecrit par Guillaume Carré
Pour maître Dablemont, « il n'y a rien dans le dossier » qui puisse accuser son client. Le ministère public a requis la relaxe « au bénéfice du doute ».
Il n'a que 26 ans mais en fait 10 de plus. Mardi après-midi, A.S. comparaît pour un vol commis avec violence le 11 septembre 2003, à Dechy. Son casier judiciaire fait état de cinq condamnations pour des vols aggravés, des conduites sans permis...Il y a toujours un rapport avec les grosses cylindrées.
Fin d'après-midi, le 11 septembre. Laurence (*), Dechynoise d'une quarantaine d'années, stoppe son véhicule devant son garage, situé à proximité de la place. Elle descend pour ouvrir la porte. Le moteur tourne. Et Laurence entend des pas rapides derrière elle. Un individu vient de s'introduire à l'intérieur de sa BMW.
« Par réflexe », comme elle l'explique, elle passe la tête à l'intérieur de l'habitacle et tente de récupérer ses clés. L'agresseur lui prend les bras. La repousse. Lui, entreprend une marche arrière rapide et repart aussitôt. En roulant au passage sur la propriétaire du véhicule.
Bilan : sept semaines de coma, 965 jours d'ITT partiels, une opération de la rate... « C'est une miraculée », ajoute maître Théry, son défenseur. La voiture sera retrouvée une heure plus tard sur le parking Auchan, à Sin-le-Noble. Des policiers font le guet. Deux individus s'approchent et l'un d'eux, A.S., mime un geste « en prenant le rétroviseur droit dans ses mains. » Geste qui pourrait être assimilé à l'agression qu'a subie Laurence.
Lors des premiers jours d'enquête, des témoins parlent d'un homme « de type maghrébin » et de « corpulence mince ». Sauf que la victime, interrogée plusieurs mois après les faits, ne donne pas du tout la même description et parle « d'un type européen. »
Après la lecture de planches photos, un visage retient son attention : « Il y a une ressemblance, je pense que c'est lui. » Lors de la confrontation, en 2005, elle le reconnaît « formellement ». Le prévenu, entendu par les services de police, varie dans ses déclarations.
La voiture ? « C'était une belle voiture, je l'ai montrée à mon frère. » Sa présence au supermarché ? « C'était pour acheter des cadeaux de Noël à mes neveux et mes nièces. J'en ai beaucoup, on s'y prend à l'avance », explique-t-il. Acheter des cadeaux, en septembre... « c'est plutôt la semaine du blanc », ironise maître Théry.
Mais la police n'a relevé aucune trace sur la voiture.
Pour maître Dablemont, « il n'y a rien dans le dossier » qui puisse accuser son client. Le ministère public a requis la relaxe « au bénéfice du doute. » Verdict le 21 juillet prochain.