Cinq ans de prison pour un trentenaire reconnu coupable d'agressions sexuelles
Ecrit par Ruben Muller
Le procès d'Olivier B., Sinois de trente-six ans accusé de viol sur sa cousine Louise ...
(1) le 5 janvier 2003, et d'agressions sexuelles sur elle et sa petite soeur Marie (1) de 2000 à 2003, s'est poursuivi hier devant la cour d'assises du Nord.
Questionné par la présidente Cochaud-Doutreuwe, Olivier B. nie toute agression sexuelle. « Mais lors d'une confrontation avec Louise, vous avez reconnu que c'était peut-être vrai et lui avez demandé pardon. En garde-à-vue, vous avez demandé à être soigné pour vos pulsions sexuelles. » L'accusé explique ces aveux par la « fatigue » de la garde-à-vue. « J'ai dit aux policiers ce qu'ils voulaient entendre. » Pour Me Stéphanie Galland, avocate des parties civiles, Louise et Marie vivent très mal la rétractation de l'accusé : « C'est difficile pour elles de se faire traiter de menteuses, peut-être encore pire que le viol. Quand on parle de mains sous le collant, sur la culotte, de caresses sur la poitrine, ce ne sont pas des "chatouilles". Dans le langage courant, on dit "peloter". » L'avocate s'en prend également à la « théorie du complot » familial évoquée par la mère de l'accusé jeudi (notre édition d'hier). « Si Marie voulait enfoncer l'accusé, elle aurait parlé d'agressions sexuelles caractérisées. Mais non : elle n'en rajoute pas, raconte ce qu'elle a vécu. Et ses déclarations, comme celles de Louise, sont constantes depuis cinq ans. » L'avocat général Petit pense à la « tactique du voleur chinois ». À la suite du psychologue qui a expertisé l'accusé, il évoque un « prédateur furtif ». Côté pile, « un gentil garçon, serviable, bénévole, patriote ». Côté face, la « gêne » des témoins face à son comportement « malsain » et à ses propos « graveleux ». En public, « des grivoiseries qui passent ». En privé, « une fille qui se retrouve les quatre fers en l'air ». Arrive le 5 janvier. « On s'arrête sous un pont dans un quartier inhabité. On n'est pas à l'aise dans la voiture, mais un violeur ne recherche pas le confort. Il passe à l'acte là où c'est possible. Il a abusé de Louise, c'est certain. Une menteuse n'aurait pas tenté de se suicider. Non : elle se sent souillée, ne se supporte plus. Même s'il n'y a eu que tentative, le droit prévoit la même peine. » Il requiert une « punition juste » : au moins cinq ans d'emprisonnement assorti d'un suivi socio-judiciaire de dix ans.
L'avocat de la défense, Me Raphaël Théry, lui, voit des variantes dans les déclarations de Louise concernant le viol présumé. Sur les portières de la voiture, tantôt ouvertes, tantôt fermées. Sur la manière dont O. B. aurait maintenu Louise, tantôt d'une main, tantôt des deux. Il s'interroge sur la « faisabilité du viol. La reconstitution a montré qu'ils pouvaient s'allonger à l'arrière de la Clio, point barre. Mais on parle d'un viol, pendant lequel on se débat. » Pour lui, le dossier est vide : « pas de témoins, pas de faits prouvés. On n'a que les aveux. Même vous, M. l'avocat général, vous n'y croyez tellement pas que vous pouvez nous dire qu'il s'agit peut-être d'une tentative. » Il demande la relaxe.
Après deux heures de délibérations, le viol présumé est requalifié. La cour reconnaît Olivier B. coupable d'agressions sexuelles sur Louise et Marie, mineures de quinze ans. L'accusé est condamné à cinq ans d'emprisonnement assorti d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans. Il devra verser 10 000 E à Louise et 2 000 E aux parents représentant Marie, au titre des dommages et intérêts. Il est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels. Il a dix jours pour faire appel.
(1) Prénoms d'emprunt.