Perpétuité pour les assassins des deux étudiants francais

Ecrit par Julien Laurens
GUY BONOMO a fixé dans les yeux Dano Sonnex, l'un des meurtriers de son fils.

Quelques secondes plus tôt, le jury venait de reconnaître Sonnex et son complice Nigel Farmer coupables des meurtres de Laurent Bonomo et de Gabriel Ferez, tous deux âgés de 23 ans, dans la nuit du 28 au 29 juin 2008 à Londres. En guise de réponse à son regard, ce père au coeur déchiré a reçu une insulte de la part de Sonnex « Cela montre parfaitement quel homme il est. Même des animaux ne sont pas aussi cruels que ces deux accusés-là. Ils ont miné nos vies à jamais. Je ressens de la haine à leur encontre. Je ne pourrai jamais pardonner et encore moins oublier », glisse M. Bonomo.

Juste avant le verdict, l'avocat de l'accusation avait lu des lettres écrites par les parents de Gabriel Ferez et par le père de Laurent Bonomo parlant de leur fils. L'émotion avait alors gagné la salle d'audience et des larmes avaient coulé sur les joues des jurés.
Dano Sonnex, 23 ans, et Nigel Farmer, 34 ans, ont été condamnés hier à la prison à perpétuité avec une peine de sûreté d'au moins quarante ans pour le premier et trente-cinq pour le second. Après plus de quatre jours de délibération, le jury est enfin parvenu à un verdict établissant la culpabilité des deux accusés.

« Nous allons repartir sans savoir pourquoi nos fils ont été tués »

Pour 400 €, deux consoles de jeux vidéo et deux téléphones portables, Gabriel Ferez et Laurent Bonomo sont morts. Au petit matin de ce dimanche 29 juin 2008, alors que les deux étudiants français installés à Londres dans le cadre de leurs études dormaient, Farmer et Sonnex, sous l'emprise de l'alcool et de cocaïne, sont entrés par effraction dans le studio de Laurent Bonomo. Ils les ont ligotés et bâillonnés, torturés pour obtenir leurs codes de cartes bleues, puis les ont massacrés de cent quatre-vingt-seize coups de couteau pour Laurent et de cinquante pour Gabriel Ferez.

Le procès a été terrible pour les familles des deux victimes, qui, en Angleterre, ne peuvent pas se porter parties civiles. Ces cinq semaines d'audience ont été éprouvantes, car les deux accusés n'ont rien avoué de ces homicides. « Nous étions venus ici pour avoir des réponses et nous allons repartir sans savoir pourquoi nos fils ont été tués. Nous sommes détruits. Nous n'avons eu que des mensonges. Si nous n'avons pas de réponses, c'est parce que le système anglais protège beaucoup les accusés », expliquait hier Françoise Villemont, la mère de Gabriel Ferez.
Malgré les lourdes condamnations, les familles ne sont pas satisfaites. « On a du mal à tourner la page. Surtout à cause des erréurs commises par la justice anglaise. Si elle avait fait son travail, nos enfants seraient toujours vivants », confie Guy Bonomo.