L'un des tueurs des deux étudiants français aurait dû être en prison
MEURTRE — Le ministère de la Justice anglaise reconnait que Daniel Sonnez était dehors suite à une erreur administrative...
Daniel Sonnex, l'un des deux Britanniques reconnus coupables ce jeudi, du meurtre des deux étudiants français, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, «aurait pu et aurait dû» étre en prison le jour du drame. Le ministre de la Justice britannique devait attendre la fin des délibérations pour révéler certains points de l'enquête. Il a présenté, ce jeudi, ses excuses, et annoncé que Daniel Sonnex, un jeune Britannique de 23 ans plus connu sous le nom de Dano, avait bénéficié d'une erreur administrative. Quelques semaines après sa libération accidentelle, Daniel Sonnex et son complice Nigel Edward Farmer ligotaient les deux Français et les lacéraient de près de 250 coups de couteau, dont une grande partie post-mortem.
«Il est tragique de se dire que si l'administration avait fait son travail, mon fils et Gabriel seraient toujours en vie » a déclaré Lydie Bonomo, la mère de Laurent Bonomo, condamnant des «erreurs tragiques». «Révolté», l'avocat français d'Olivier Ferez, Frank Berton, a dénoncé la succession «d'erreurs dramatiques» qui ont laissé en liberté un «dangereux psychopathe».
«D'évidentes fautes de gestion»
Pour le quotidien britannique «The Guardian», que la police anglaise ait échoué à identifier Daniel Sonnex comme un récidiviste à haut risque, constitue l'erreur la plus grave. Daniel Sonnex, 23 ans, avait été condamné à 8 ans de prison pour vols avec violence, au moyen notamment d'une arme blanche, en mars 2003. Il avait été remis en liberté conditionnelle le 8 février 2008. «Des médecins se sont penchés sur son cas, et ont dit dans son rapport pénitentiaire que c'était quelqu'un de dangereux, que c'était un psychopathe et qu'il était capable (...) de tuer quelqu'un», a dénoncé Frank Berton, avocat d'Olivier Ferez, le père de Laurent Ferez.
Deux jours après sa sortie de prison, il est arrêté par la police pour l'agression de deux personnes (le procès qui vient de s'achever a révélé qu'ils avaient été ligotés, menacés d'un couteau) mais aucune plainte n'est déposée. Le 23 avril, Daniel Sonnex est arrêté pour recel, inculpé et emprisonné. Son officier de probation engage les mesures pour révoquer sa liberté conditionnelle mais un juge le libère sous condition. Le 13 juin, un mandat d'arrêt avec mise en oeuvre sous 96 heures est émis, mais Scotland Yard attend 16 jours pour agir: l'après-midi du 29 juin, quelques heures après le double meurtre, la police se rend au domicile des parents de Sonnex pour l'interpeller.
Le responsable du service de probation de Londres, David Scott, a démissionné, soulignant la surcharge de travail de son service. Selon un communiqué du syndicat des officiers de probation (Napo), l'agent responsable de la supervision de Sonnex devait gérer 127 dossiers, soit près de trois fois plus que prévu. David Scott accepte les critiques mais exige des ministres et de la Justice britannique qu'ils reconnaissent eux aussi leurs erreurs et en tirent leurs propres leçons.