Etudiants tués à Londres pour 360 livres

Le procès des deux Britanniques accusés d'avoir assas- siné à Londres deux étudiants français s'est ouvert hier. L'examen des faits accrédite la thèse d'un cambriolage qui aurait mal tourné.

Daniel Sonnex, 23 ans, et Nigel Farmer, 34 ans, sont soupçonnés d'avoir fait irruption dans le studio loué, par Laurent Bonomo dans le sud-est de Londres à l'aube du 29 juin. Quelques jours avant, Sonnex avait revendu un ordinateur, vraisemblablement volé huit jours auparavant chez Laureni.
Après avoir obtenu par la force les cartes bancaires des étudiants, Sonnex a tenté de tirer de l'argent du compte de Gabriel Ferez avec sa carte, qui a été avalée pour une raison indéterminée par le distributeur. Une demi-heure plus tôt, les agresseurs étaient parvenus à effectuer un retrait avec la carte de Laurent Bonomo qui, comme son ami, avait donné le bon code.

Vengeance ?

« Peut-être que par vengeance, parce qu'on n'avait pas pu voler de l'argent à M. Ferez, les deux hommes ont été tués d'une façon qu'on ne peut que qualifier de barbare », a lancé le procureur Crispin Aylett. Les corps de Gabriel Ferez et Laurent Bonomo, deux étudiants de 23 ans avaient été ligotés, bâillonnés et lacérés de plus de 240 coups de couteau sur le cou, le dos, le torse et la tête, avant que le studio ne soit incendié.
« Peut-être qu'en s'encourageant mutuellement, peut-être sous l'emprise d'un cocktail d'alcools et de drogues, ils se sont laissé emporter, a suggéré le procureur à propos des deux accusés. Et tout cela pour quoi ? 360 livres, deux téléphones et deux consoles Playstation, de quoi payer leur drogue pendant quelques jours ».

Les deux accusés se rejettent la responsabilité. Sonnex, dont une empreinte de la main a été découverte dans le studio, affirme qu'il faisait le guet à l'extérieur. Farmer assure que Sonnex et un autre homme ont tué les étudiants et l'ont ensuite forcé à incendier l'appartement.
Le procureur a aussi révélé les antécédents judiciaires lourds des deux accusés, notamment de Sonnex, présenté comme un drogué « adepte de la violence gratuite ». En février 2008, Sonnex avait ligoté sa propre demi-soeur et le compagnon de celle-ci. Il les avait menacés avec des outils pour tenter de leur extorquer de l'argent. Ils n'avaient finalement pas porté plainte. « S'ils avaient jugé bon de coopérer avec la police et si Sonnex avait été condamné, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez seraient peut-être encore en vie aujourd'hui », a estimé le procureur. Le verdict est attendu pour le 5 juin. Les deux accusés risquent la perpétuité.