Etudiants français tués à Londres le procès reporté à lundi
Ecrit par Daniel Coulon
Il y a décidément des procès maudits... Ouvert il y a quatre jours, celui des meurtriers présumés des deux étudiants français, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, qui devait commencer pour de bon ce vendredi avec l'exposé de la thèse de l'accusation, a été de nouveau reporté, à cause de l'indisposition soudaine d'un témoin-clé.
Déjà, mercredi, après la prestation de serment des douze jurés — six hommes et, coïncidence, six femmes —, le juge Saunders, qui préside seul les débats, les avait renvoyés pour régler des questions de procédure portant sur une agression commise par Daniel Sonnex, 23 ans, l'accusé n° 1, quatre mois avant le double meurtre.
Le lendemain, jeudi, le juge avait écouté les arguments de la défense et de l'accusation sur cette agression, présentant des similarités avec les circonstances du double meurtre. La défense demandait qu'elle ne soit pas évoquée au cours des débats. Un point de droit qui peut surprendre les habitués des prétoires français puisque le casier judiciaire des accusés est toujours présenté aux jurés d'assises. Mais on est en Angleterre : on ne juge pas un homme mais des faits.
« Est-ce que l'accusé a commis les faits pour lesquels il est inculpé ? », c'est la seule question qui est posée aux jurés. Ils n'ont que deux réponses possibles :
« Guilty or not guilty » (coupable ou non coupable), sans avoir à se demander s'il doit avoir des circonstances atténuantes ou pas. Contre l'avis de l'avocat de Sonnex, le juge a décidé que cette affaire pourrait être évoquée au cours des débats. « L'accusé n° 1 » a suivi ce débat avec un air de profonde incrédulité, fronçant les sourcils, avec l'air de celui qu'on accuse de choses dont il n'a jamais entendu parler. C'est un premier point marqué par l'accusation avant même l'ouverture des débats.
Le juge a aussi statué sur l'opportunité de présenter aux jurés des photos des corps sévèrement brûlés des deux étudiants, jugées trop choquantes par la défense : les plus dures ne seront pas montrées.
On peut maintenant espérer que l'examen des faits va enfin commencer ce lundi matin.