Sa grand-mère paternelle ne voulait pas « l'apprendre comme ça, à la radio »

Ecrit par CARINE BAUSIÈRE, VIRGINIE CARTON, FRANÇOIS FLOURENS
Dans la nuit de lundi à hier, Anne-Sophie Faucheur, la maman de Typhaine, a reconnu le décès de l'enfant. Du côté du papa, dans la famille Taton, à Mons-en-Baroeul et Faches-Thumesnil, cette nouvelle a brutalement anéanti les minces espoirs de retrouver la petite fille vivante cinq mois après sa disparition.

« Je ne voulais pas l'apprendre comme ça, à la radio. Je pensais que les policiers allaient m'appeler. Ils me l'avaient promis ». Marie-José Taton n'ajoutera rien à cette déclaration lâchée dans un sanglot hier matin. Quelques minutes avant, elle a appris la terrible nouvelle de la mort de sa petite-fille en écoutant les informations.

Lundi soir, elle nous confiait déjà qu'elle « avait peur d'apprendre la suite » quand Anne-Sophie a de nouveau été entendue par les policiers. Mais elle s'en doutait un peu, la grand-mère de Typhaine. Pour elle, cette seconde garde à vue signifiait que les enquêteurs avaient sans doute de nouveaux éléments. « Les policiers de la PJ m'avaient dit qu'ils ne l'avaient gardée que dix heures la première fois parce qu'ils attendaient d'avoir des éléments nouveaux pour l'interroger. Cinq mois ont passé. Ils se sont rendu compte de quelque chose, c'est sûr. Il y avait quand même des éléments troublants dans ce dossier. À Aulnoye, les dernières personnes qui ont vu Typhaine s'arrêtent au 31 mai. » Alors avant-hier, Marie-José Taton confiait son pessimisme au fur et à mesure que le temps avançait. « On espère un bon dénouement, une bonne nouvelle pour Noël, mais depuis deux mois, je n'y crois plus. Au Bizet, ils ont retrouvé le petit Younes au bout de 18 jours. » La grand-mère précise aussi avoir revu récemment Caroline, la soeur aînée de Typhaine. C'était au tribunal, devant le juge aux affaires familiales. « Elle est toujours aussi pipelette. Elle savait bien qui on était, son papa et moi. Elle nous a dit "Quand est-ce que je reviens chez toi ?" ».

De son côté, François Taton, le père de la petite fille, n'a pas tenu à s'exprimer hier. Me Thery, son avocat, l'a reçu à son cabinet de Douai. « Mon client est désespéré, indique-t-il. Il ressent une immense douleur et souhaite que l'on retrouve très rapidement le corps de sa fille. Il est doublement anéanti par des mois de mensonges et ces déclarations d'Anne-Sophie Faucheur en conférence de presse. C'est de la douleur ajoutée à de la douleur. Il y a un côté monstrueux à cette affaire. » Après une pause, l'avocat reprend. « Son optimisme baissait de jour en jour, mais il n'a jamais voulu accepter les choses les plus radicales. Il a toujours dit qu'il faisait confiance au travail de la police, à la justice et qu'on allait retrouver son enfant. François ne souhaite plus qu'une chose, c'est de savoir où est Typhaine, qu'on lui rende sa fille. »