François Taton : « Neuf mois que Typhaine est morte et je ne sais toujours pas de quoi... »
Ecrit par Eric Dussart
Trois mois après, on retrouve François Taton dans le bureau de Me Théry, son avocat. Trois mois de malheur. Trois mois d'attente, après la terrible nouvelle des aveux d'Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, puis la découverte du corps de sa fille, Typhaine, dans un bois perdu de Belgique.
Il est toujours le même jeune homme un peu perdu, un peu distant. Pas par défiance, non, mais plutôt parce que tout cela est beaucoup, pour lui. Il fait face du mieux qu'il peut, il essaie de trouver les mots, comprend qu'on lui pose encore et encore les questions qui tournent déjà dans sa tête depuis si longtemps, mais parfois il s'arrête au milieu d'une phrase coupée. Et il faut lire alors au fond du regard intense qu'il vous plante dans les yeux tout le désarroi qui l'habite.
Parquet évasif
« Voilà neuf mois que j'attends. Neuf mois que Typhaine est décédée, même si je ne le sais que depuis trois mois, et je ne sais toujours rien. Je veux qu'on me dise enfin de quoi elle est décédée. » Au soir de la découverte du corps de Typhaine, à Marcinelle, dans les environs de Charleroi, les autorités belges avaient annoncé une autopsie pour le lendemain. Évidemment, il avait tout de suite été souligné que le corps étant resté six mois dans la terre, il serait sans doute difficile d'en analyser les restes. « Mais maintenant, c'est long, dit Raphaël Théry. Je ne sais plus que répondre à mon client. » L'avocat douaisien comprend bien que des examens aient pu prendre du temps, plus de temps qu'à l'habitude, mais... « S'il y a un problème, qu'on nous le dise... » Au parquet de Valenciennes, où le dossier est instruit, on reste évasif. Et la juge d'instruction ne communique pas. « Elle travaille, dit Me Théry, c'est sûr, le dossier s'épaissit. » Mais toujours rien sur les résultats de l'autopsie.
« Pourtant, c'est le plus important, pour moi. » François Taton prend une profonde respiration, et il va chercher très loin en lui la suite de sa phrase : « J'aimerais savoir si elle est morte de la main de sa mère ou si c'était un accident. »
Des confirmations
Voilà, il n'en a pas plus à dire. Il a lu les procès-verbaux d'audition d'Anne-Sophie Faucheur, bien sûr (notre édition d'hier) , où elle raconte les mauvais traitements, la douche glacée du soir de sa mort, mais il voudrait des confirmations de la justice. Ou des précisions.
Sur sa vie aujourd'hui, sur ce qu'il échange avec sa mère, mamie très proche de Typhaine, il ne s'étend pas. « Il subit énormément de choses, en fin de compte. » C'est Raphaël Théry qui prend le relais, qui le protège. François, lui, a fait passer le message qui le taraude et il lâche avant qu'on le quitte quelques mots qui en disent long sur le rendez-vous qu'il s'est fixé : « J'en saurai enfin plus lors du procès ... »