Enquête - Typhaine, un mois d'attente
Enlèvement ou drame familial ? Près d’un mois après la disparition de la petite Typhaine, les enquêteurs de la PJ de Lille poursuivent leurs investigations.
Les petites affichettes sur lesquelles se dessine le visage de Typhaine ornent toujours les commerces d’Aulnoye-Aymeries, Mons-en-Barœul ou Maubeuge (Nord). C’est là que la fillette, 5 ans, a disparu il y a presque un mois. Depuis, Typhaine n’a pas donné signe de vie. Un silence qui n’étiole pas pour autant l’espoir de sa famille. « Le père de Typhaine est aux aguets et attend une seule chose : que les policiers l’appellent et lui disent qu’elle va bien », assure Me Raphaël Thery, le conseil de François Taton. Sauf que, pour le moment, les enquêteurs ignorent toujours ce qui a pu arriver à Typhaine depuis que sa mère, Anne-Sophie Faucheur, a signalé sa disparition, le 18 juin vers 16 h 10. Sa fille marchait alors à 50 mètres devant elle. Avant de se volatiliser « en l’espace de cinq secondes, à un croisement », indiquait-elle aux policiers.
Depuis, la Sambre, la rivière qui traverse la ville, a été sondée. La ville et ses alentours ratissés. En vain. Les enquêteurs de la police judiciaire de Lille qui travaillent sur le dossier, conjointement avec l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), ont toutefois écarté l’hypothèse de l’accident. Dorénavant ils se penchent sur la piste de « l’enlèvement par un tiers », précise un enquêteur. Ils disposent en effet de deux témoignages qui pourraient étayer cette éventualité. Celui d’une adolescente qui dit avoir vu la fillette errant seule, en pleurs, dans les rues de Maubeuge. Et celui d’une autre personne qui se souvient avoir vu Typhaine avec sa mère à la caisse primaire d’assurance maladie. Mais personne ne l’a vue partir avec un tiers. Alors les policiers lillois se sont replongés dans les dossiers des délinquants sexuels fichés. Une demi-douzaine d’entre eux ont été interrogés et, la frontière belge n’étant pas loin de Maubeuge, les enquêteurs ont sollicité l’aide de la police fédérale du pays. Sans succès pour le moment. « Le travail se poursuit », assure un policier.
Baptême
Parallèlement, les policiers tentent de cerner le milieu familial dans lequel évoluait la fillette, tiraillée entre son père, François Taton, et sa mère, Anne-Sophie Faucheur. Elevée auprès de son père et de sa grand-mère pendant les quatre premières années de sa vie, Typhaine avait été récupérée par sa mère à la sortie de l’école, le 22 janvier dernier. Elle vivait depuis à Aulnoye-Aymeries avec Nicolas Willot, le compagnon d’Anne-Sophie Faucheur, leur fille Caroline et la dernière-née, Apolline. Depuis, tout contact avec François Taton avait été rompu. Un événement suscite les interrogations : le baptême d’Apolline, organisé le 13 juin dernier. Typhaine n’y était pas. Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, son compagnon, n’avaient pas souhaité que la petite fille ne vienne, de peur que son père François Taton ne « débarque », confiait Anne-Sophie à France-Soir. « Ce baptême est un événement marquant, un point de repère, le moment à partir duquel des personnes de la famille ne l’ont plus vue. Avec le témoignage d’autres proches, on remonte même avant », confie un enquêteur. De nombreuses zones d’ombre subsistent donc dans cette enquête complexe. Quatre semaines d’investigations n’ont pas encore permis de les éclaircir.