Affaire Typhaine : dès le départ, de nombreuses incohérences
Dès le signalement de la disparition de Typhaine, « La Voix » s'est fait l'écho d'éléments troublants mettant à mal les versions d'Anne-Sophie Faucheur et de son concubin. Retour sur les principales zones d'ombre de cette affaire.
> Les conditions de la disparition. Anne-Sophie Faucheur se présente le 18 juin au commissariat de Maubeuge où elle indique avoir perdu sa fille vers 17 h 30, après un passage dans un magasin et à la CPAM. Certes, le festival des Folies vient de débuter en centre-ville, mais la foule est encore loin d'être compacte et l'avenue de France, où la mère aurait perdu la trace de sa petite, est particulièrement large. Difficile d'y perdre une enfant. Les caméras de surveillance ne donnent rien. Aucun des commerçants du centre-ville interrogés par La Voixne se souvient ni de la fillette, ni d'une mère en détresse. Devant la presse, elle reconnaîtra d'ailleurs n'avoir pas donné l'alerte immédiatement : « Je n'ai pas demandé aux gens (...). Ce n'est pas du tout le genre de Typhaine de rentrer dans les boutiques.»
> Typhaine invisible. Dès le lendemain de la disparition, le couple est mis en garde à vue afin de permettre aux enquêteurs de passer au peigne fin leur domicile, à Aulnoye-Aymeries. Dans le même temps, l'enquête de voisinage donne des résultats surprenants : les voisins affirment ne pas avoir vu la petite depuis plusieurs semaines. La thèse d'une disparition antérieure au 18 juin prend forme. Les policiers retracent l'emploi du temps de la famille les jours précédant le signalement de la disparition. A.-S. Faucheur dit s'être rendue en compagnie de Typhaine dans divers magasins en Sambre et à Valenciennes. Là encore, la petite n'apparaît jamais dans le champ de vision des caméras de surveillance.
> Le baptême d'Appoline. Les enquêteurs s'intéressent très rapidement à ce qu'ils considèrent comme la principale incohérence du dossier : le baptême de la demi-soeur de Typhaine. Le 13 juin, cinq jours avant la disparition supposée de Typhaine, Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot célèbrent le baptême de leur enfant, Appoline. Une messe à Leval puis un banquet toute la nuit à Dimont (Avesnois), avec plusieurs dizaines de convives mais... sans Typhaine. Aux membres de sa famille qui s'en inquiètent, Anne-Sophie indique que la petite est « en vacances chez son père ». Le 25 juin, devant la presse, elle assure avoir laissé l'enfant de cinq ans seule, à son domicile d'Aulnoye, jusqu'à 3 ou 4 h du matin. De peur, dit-elle, d'une tentative d'enlèvement de la part du père, François Taton, qui n'avait pourtant jamais rien tenté de tel. Plusieurs convives, dont les oncles de Nicolas Willot, confient pour leur part à La Voix qu'ils ne connaissaient même pas l'existence de la petite. Plus étrange : le frère d'Anne-Sophie, âgé de 17 ans, termine également la nuit du baptême au domicile aulnésien... sans apercevoir l'enfant.
Interviewés le 9 juillet par La Voix, A.-S. Faucheur et N. Willot modifient leur version : le concubin indique désormais être repassé au cours de la nuit pour vérifier si la petite allait bien. « Elle était couchée dans son lit, elle dormait. »
> L'employée de la CPAM. Au vu de tous ces éléments, la thèse d'une disparition de la petite antérieure au 18 juin est vite devenue très crédible. Mais cette version fut toutefois contredite par un témoignage de première importance : celui d'une employée de la CPAM de Maubeuge qui assure avoir vu la petite le 18 juin en compagnie de sa demi-soeur et d'A.-S. Faucheur, quelques instants avant le signalement de la disparition. Un inspecteur de la PJ confiait durant l'enquête : « Les gens avaient tellement envie de la retrouver... L'employée de la CPAM a peut-être menti de bonne foi. » •