Les lacunes de l'enquête au grand jour
Ecrit par Geoges Charrières
La deuxième journée du procès d'assises en appel de Jacqueline Ponthieux, accusée d'avoir tué son mari en septembre 1997, a mis en évidence les négligences de l'enquête.
Dans les séries policières diffusées régulièrement sur les chaînes de télévision, le crime est commis à 21 heures, et à 21 h 50 le meurtrier est arrêté. En ce qui concerne le dossier examiné par la cour d'assises depuis lundi, on est très loin du compte.
Les faits ont été commis le 22 septembre 1997 ; treize ans plus tard des zones d'ombre subsistent encore. Lorsque les secours arrivent le 22 septembre dans le logement situé au-dessus du bar Le Sulky, à Nogent-sur-Oise, ils découvrent Gérard Ponthieux, étendu en travers de son lit, le visage ensanglanté.
La priorité des pompiers et des médecins du SMUR qui interviennent alors est bien de tenter de sauver un homme qui est sur le point de décéder. Car on en est désormais certain, contrairement à la thèse longtemps développée par l'accusation, lorsque les équipes de secours arrivent sur les lieux, Gérard Ponthieux vient juste de mourir ou est en train de mourir.
Où est le mégot ?
Un pompier se souvient d'avoir trouvé, à côté de la victime, une espèce de tube métallique qui pourrait être l'arme du crime. Qu'est devenu ce tube ? Nul ne le sait, il a purement et simplement disparu.
Une fois le corps de la victime conduit à l'institut médico-légal de Paris, les policiers procèdent aux opérations de police technique et réalisent, entre autres, une série de photographies d'identité judiciaire.
Les techniciens photographient les mêmes endroits à plusieurs reprises. Sur une photo, le mégot d'une cigarette apparaît. Sur une autre photo, le mégot a disparu.
Comment est-il arrivé là ? A-t-il été laissé sur place par le criminel, par un intervenant sur la scène du crime ?
On ne le saura jamais d'autant que le fameux mégot, s'il a bien été saisi par les policiers, n'a jamais été soumis à analyse. Peut-être aurait-il été possible d'y déceler de l'ADN qui aurait pu permettre d'identifier formellement le possesseur du mégot.
Des perquisitions ont été effectuées, mais lundi soir, un policier est venu dire à la barre des témoins qu'il ne savait pas ce qu'il devait chercher. C'est ainsi, encore, qu'un tournevis, qui se trouvait à côté du lit de la victime, n'a pas été vu lors du drame mais seulement quinze jours plus tard...
L'enquête sur la mort violente de Gérard Ponthieux révèle des négligences et ce n'est pas l'accusée, épouse de la victime, qui en est responsable.