Jacqueline Ponthieux fixée sur son sort
Ecrit par Geoges Charrières
C'est aujourd'hui que Jacqueline Ponthieux sera définitivement fixée sur son sort. Coupable ou innocente du meurtre de son mari ? Les jurés le diront.
« Je ne sais pas encore ce que je vais requérir demain. » Cette phrase a été prononcée, jeudi après-midi par l'avocat général Jean-Philippe Rivaud alors qu'il interrogeait Jacqueline Ponthieux.
Il faut l'admettre, cette avant-dernière journée a parfois été pénible pour elle, accusée d'avoir tué son mari le 22 septembre 1997, dans le logement situé au-dessus du bar le Sulky, à Nogent-sur-Oise.
Pénible, la journée l'a aussi été pour les frères et le fils biologique de la victime qui sont, légitimement, venus dire tout le bien qu'ils pensent de cet homme.
Gérard Ponthieux était un travailleur, un homme qui aimait aller à la rencontre des autres. De son passé de coureur cycliste, il avait gardé le goût de l'effort. Sa vie s'est arrêtée une nuit du mois de septembre 1997 mais qui a tué cet homme ?
Le doute plane toujours
Pour au moins un des deux avocats de la partie civile, Me Bruno Ceccarelli, cela ne fait aucun doute : la meurtrière n'est autre que Jacqueline Ponthieux. Au cours du long interrogatoire de l'accusée, l'avocat a tenté de démontrer la culpabilité de cette dernière, sur un mode souvent très, trop agressif. On s'attendait parfois à ce que Me Ceccarelli demande une peine de prison à l'encontre de Jacqueline Ponthieux, ce qui n'est pas son rôle mais plutôt celui de l'avocat général assis derrière lui.
Me Benoît Varin, second avocat de la partie civile, s'est montré plus mesuré, tentant de démontrer par ses questions que l'argent pourrait bien être au cœur de ce dossier.
Mais Jacqueline Ponthieux n'a pas reculé un seul instant.
Dans le box des accusés elle a continué, comme elle le fait depuis 13 ans, à clamer son innocence.
« Je n'ai pas tué mon mari. Il m'a apporté de l'amour, je lui en ai apporté aussi. Mon fils, qui le considérait comme son père a également reçu de l'amour qu'il lui a rendu. »
Au début du dernier jour du procès, que reste-t-il des éléments sur lesquels l'accusation était fondée ?
Pas grand-chose, il faut bien l'admettre. Il est désormais établi que le poison découvert dans le corps de la victime a été fabriqué par le cadavre après la mort. On sait également que l'alarme s'est déclenchée le soir du drame. Toutes les personnes présentes l'ont entendue. Et surtout, toutes les lacunes de ce dossier ne sont pas imputables à Jacqueline Ponthieux mais à une enquête mal effectuée par les fonctionnaires et mal dirigée par les magistrats de l'époque. Il paraît qu'en droit le doute doit toujours profiter à l'accusée...