Acquittée aux assises treize ans après

Ecrit par Geoges Charrières

Après un délibéré d'une heure, les jurés de la cour d'assises d'appel de la Somme ont acquitté, vendredi, Jacqueline Ponthieux. Elle était poursuivie pour le meurtre de son mari commis en septembre 1997.



« Alors ça y est ? C'est fini ? » Incrédule, Jacqueline Ponthieux triture nerveusement un mouchoir en papier entre ses doigts. Par la voix du président, Samuel Grévin, elle vient d'apprendre que les jurés de la Somme l'ont acquittée. Elle s'assoit alors sur le banc des accusés et se met à pleurer tandis que les caméras se précipitent sur elle.

« Ce soir, je vais retrouver mon fils qui m'attend chez nous à Liancourt. Nous allons pouvoir essayer de recommencer à vivre », lâche-t-elle.

Jacqueline Ponthieux, femme libre désormais, remercie aussi ses avocats, le bâtonnier Hubert Delarue, Me Giuseppina Marras, Me Franck Berton mais également le bâtonnier Jean Bouly qui fut longtemps son avocat. Elle évoque aussi la victime, son mari, Gérard : « Je porte toujours son nom que je n'ai pas sali. Je l'aimais et je l'aime toujours. Oui je comprends ses frères qui étaient partie civile. Ça doit être terrible pour eux... » Terrible, ça l'est en effet, car il est peu probable désormais qu'on sache jamais qui a tué sauvagement Gérard Ponthieux un soir de septembre 1997.

Au cours d'un long réquisitoire, l'avocat général Jean-Philippe Rivaud - tout en affirmant que, selon son intime conviction, Jacqueline Ponthieux était pour quelque chose dans la mort de son époux - a demandé aux jurés de la Somme de l'acquitter, faute de preuves suffisantes après une enquête pour le moins bâclée.

Lorsque le bâtonnier Hubert Delarue et Me Franck Berton se sont levés, un lourd silence s'est abattu sur la salle d'audience.

Les deux avocats défendaient une innocente et cela s'entendait.

Le ton était juste, sincère, émouvant. Ceux qui étaient à ce moment dans la salle d'audience ont vécu un moment fort et authentique.

Jacqueline Ponthieux est repartie comme elle était arrivée, discrètement.

En partant, elle s'est adressée aux jurés absents en prononçant un seul mot : « Merci ! »