Quatrième procès : l'affaire du Sulky enfin jugée

Ecrit par Geoges Charrières
Accusée d'avoir tué son mari, Jacqueline Ponthieux comparaît une nouvelle fois devant la cour d'assises d'appel à Amiens, ce lundi. Ce dossier est marqué de multiples rebondissements. Verdict attendu vendredi.

Rarement les jurés d'une cour d'assises d'appel auront eu à examiner un dossier aussi complexe et ayant occasionné autant de rebondissements.

Les faits d'abord. Le lundi 22 septembre 1997 à 2 h 40, les pompiers et les fonctionnaires de police de Creil interviennent dans les locaux du bar-tabac le Sulky, place de la République, à Nogent-sur-Oise. Gérard Ponthieux, propriétaire des lieux, âgé de 49 ans, aurait été agressé lors d'un cambriolage. Couvert de sang, il gît sur son lit dans le logement situé au-dessus de son établissement. Aux policiers qui l'interrogent, Jacqueline Ponthieux, aujourd'hui âgée de 60 ans, explique que, le dimanche soir, son mari et elle ont fermé l'établissement vers 18 h 30, qu'ils ont pris l'apéritif dans leur appartement puis ont dîné avant d'aller se coucher.

« L'argent, vite ! »

Au cours de la nuit, elle aurait été réveillée par les aboiements d'un des deux chiens du couple qui dort sur le lit et aurait vu la silhouette d'un homme debout, à côté de son mari encore endormi.

Jacqueline Ponthieux aurait alors réveillé son époux ; le visiteur indésirable aurait simplement dit : « L'argent, vite ». Alors que son mari était tenu en respect par le cambrioleur, Mme Ponthieu aurait remis à ce dernier la recette du bar qui se trouvait dans une table de nuit. Elle serait ensuite descendue au rez-de-chaussée, l'agresseur réclamant également la recette du PMU. Elle se trouvait alors au rez-de-chaussée et s'apprêtait à remonter pour remettre l'argent demandé au cambrioleur, quand elle l'aurait vu s'enfuyant...

Remontant à l'étage, elle aurait découvert le corps ensanglanté de son mari et se serait mise à crier. Les policiers orientent leurs investigations en direction du mystérieux cambrioleur mais cette piste n'aboutira pas.

Les recherches se dirigent alors vers l'accusée, d'autant plus que des éléments troublants apparaissent lors de l'autopsie de la victime. Des traces d'acide hydroxybutyrique sont trouvées dans le sang et les urines de la victime. De là à penser que Gérard Ponthieux a été drogué avant d'être mortellement frappé, il n'y a qu'un pas. Cet élément est retenu à charge contre Jacqueline Ponthieux vers laquelle les investigations convergent de plus en plus.

La coupable idéale

Les enquêteurs se sont intéressés aussi à la situation financière du Sulky. L'expert-comptable aurait tenté de contacter Gérard Ponthieux pour l'alerter de la situation financière de la société mais l'accusée aurait fait barrage, empêchant le comptable de rentrer directement en relation avec son mari.

Jacqueline Ponthieux, qui aime beaucoup l'argent, l'instruction le démontre, est bénéficiaire des assurances vie de son mari et devient donc la coupable idéale. À l'issue de son premier procès interrompu devant les assises de l'Oise, elle est condamnée à 15 ans de réclusion criminelle. Elle a fait appel et son second procès, qui se déroulait à Amiens, a été renvoyé pour supplément d'information.