Meurtre de Valentin : Moitoiret et Hégo font appel

Ecrit par France Soir

La défense de Stéphane Moitoiret a annoncé vendredi qu'elle allait faire appel de sa condamnation à la réclusion à perpétuité prononcée jeudi par les assises de l'Ain pour l'assassinat du petit Valentin, en juillet 2008, à Lagnieu.

« Cette condamnation a été un coup de bambou et nous avons pris la décision de faire appel », a déclaré à l'AFP Maître Franck Berton, l'avocat de Stéphane Moitoiret, précisant que l'appel sera interjeté « la semaine prochaine ». Me Pierre Pilloud, l'un des trois avocats du meurtrier du petit Valentin, s'est entretenu à ce sujet, vendredi matin, avec son client écroué à l'hôpital-prison pour détenus malades psychiatriques du Vinatier à Lyon, a-t-il précisé. Cette demande d'appel s'ajoute à celle de la défense de Noëlla Hégo, l'ancienne compagne de Moitoiret, condamnée à 18 ans de réclusion criminelle pour complicité.

"Cet homme délire"

Ce couple était pour la mort de Valentin Crémault. Le corps de l'enfant âgé de dix ans avait été découvert lardé de 44 coups de couteau dans une rue de Lagnieu (Ain), où il était parti faire du vélo en fin de soirée. Stéphane Moitoiret avait été confondu par son ADN. Et la défense s'est surtout démenée pour tenter de convaincre les jurés de la folie de deux accusés, notamment Moitoiret. « Bien sûr qu'il est coupable » mais « vous n'aurez pas d'explication » à ce « crime odieux », car Moitoiret « ne peut pas vous la donner », a martelé l'avocat pour qui « cet homme délire ». « On essaie de donner une raison à ce procès fou », a-t-il déploré. « Seule votre conscience et votre bon sens vont pouvoir vous aider », a-t-il lancé à l'adresse des jurés, soulignant qu'ils seront « les derniers à ne pas avoir besoin de motiver leur décision », comme ce sera le cas dès le 1er janvier 2012.

"Sa Majesté" n'avait "pas aidé du tout"

Car ce sont deux personnages au parcours hors norme, au cours duquel ils ont mené des « missions divines », qui ont été jugés et leurs avocats se sont appuyés sur leurs diverses déclarations. Noëlla Hégo, qui se faisait appeler « Sa Majesté » ou « Son Excellence », a inlassablement répété à l'audience comment, la nuit du 29 juillet 2008, après une dispute entre eux, Moitoiret était parti énervé. Puis, de retour à la cure où ils étaient hébergés, le T-shirt taché de sang et des coupures au doigt. Il lui avait dit « J'ai attaqué un enfant dans la rue, j'étais comme hypnotisé », avant de poursuivre « Je lui ai dit "je suis pas d'accord avec ce que tu as fait et je ne t'aiderai pas" », a poursuivi l'accusée, avançant l'idée que Moitoiret avait ainsi voulu « se venger » d'elle car elle voulait le quitter. « Il a mis ses affaires (maculées de sang, ndlr) dans un sac plastique et moi j'ai pas aidé du tout », a-t-elle encore dit.

Justice

De son côté, la mère de Valentin s'est toujours rangée du côté des six experts, qui n'ont détecté chez l'accusé qu'une « altération » de son discernement. Avec le souhait de le voir écroué. « J'attends qu'ils soient condamnés. C'est important, il faut que Valentin soit honoré. Ils ne sont pas fous, il faut qu'ils soient jugés comme de vrais criminels », a-t-elle expliqué au micro de la radio. « On est confiant, on croit en la Justice », avait ajouté la mère toujours au bord des larmes. Elle a eu raison, pour le moment, en attendant le verdict en appel.