Le maire de Ronchin condamné

Le maire socialiste de Ronchin a été condamné hier à deux ans de prison avec sursis, assortis d'une peine d'inéligibilité de trois ans. Le tribunal de Lille l'a déclaré coupable de tous les faits reprochés, soit dix chefs de prévention réunissant trois types d'infractions : prise illégale d'intérêts, faux en écriture publique et favoritisme.

Absent lors de l'énoncé du délibéré, Michel Laignel a laissé son avocat commenter la décision. « C'est trop sévère, estime Me Jacky Durand. Je viens d'avoir mon client au bout du fil : il n'est pas abattu mais il trouve que le jugement est lourd. » L'élu, tout comme le défenseur, ont sans doute été désagréablement surpris d'entendre le président Jean Marc Desfossé intégrer la peine d'inéligibilité au plan pénal. Habituellement, cette mesure relève du code électoral (article L 7) et son application incombe au préfet. Hier, elle a été confiée au parquet, qui doit la rendre exécutoire dans les dix jours. « C'est une des raisons majeures de notre décision de faire appel », reconnaît l'avocat, soucieux de permettre à M. Laignel d'aller au bout de son mandat. (.)

Reste le contexte. Même s'il n'est pas définitivement condamné, Michel Laignel est aujourd'hui fragilisé. Les juges ont clairement pointé du doigt un système népotique, où le favoritisme le dispute au manque de transparence. En renonçant à briguer un nouveau mandat de conseiller général, l'ancien assureur avait déjà mis un pied en dehors de la politique. Retirant sans doute du même coup une épine au Parti socialiste... (.)