Encore bien des zones d'ombre dans l'affaire Laignel

Après que l'ordonnance est tombée avant hier, convoquant Michel Laignel, le maire de Ronchin, devant le tribunal correctionnel pour « prise illégale d'intérêt », « favoritisme » et « faux et usage de faux en écriture publique», restent encore des zones d'ombre dans ce dossier.

L'avocat de Michel Laignel, Me Jacky Durand n'est pas surpris de ce renvoi : « il y a eu une accumulation de reproches ». Il annonce que sur chacun des reproches, il a des déclarations prouvant la bonne foi de son client. « On y va sereinement. Nous avons des arguments et l'on plaidera la relaxe sur tous les chefs d'accusation ». Pour lui, Serge Defosse est une « personne qui poursuit Michel Laignel depuis toujours » et cette affaire judiciaire est avant tout une « querelle politique ». Michel Laigneln'a pas souhaité s'exprimer directement sur le sujet.

A Ronchin, celui par qui le scandale est arrivé, Serge Defosse, son ancien allié politique et chef de cabinet, qui s'est ensuite inscrit dans l'opposition tout en fouillant les dossiers communaux, estime que l'on arrive à « l'épilogue normal d'un long processus ». Il avait commencé à soupçonner le maire au moment où la fille de celui-ci avait été chargée d'écrire un ouvrage sur la ville, « or on ne l'avait pas voté ». Il avait à ce moment là, mobilisé son association de Défense des contribuables ronchinois pour vérifier si les écritures municipales étaient bien en règle. Cette association a depuis changé de nom pour Ronchin demain. Elle réunit les élus de l'opposition. Découvrant que les écritures envoyées en préfecture n'étaient pas celles votées, l'association a porté plainte.

Pourtant , ce n'est pas l'association, ni même Serge Defosse que l'on retrouvera sur les bancs de la partie civile (.) mais Désiré Vanbrabant, autre élu de l'opposition au moment des faits, représenté par Me Franck Berton. (.)

Reste Désiré Vanbrabant, qui s'y retrouve « un peu à mon insu » mais qui maintient sa place dans la procédure, « car si je me désiste, le procès n'aura pas lieu, le maire serait alors blanchi. Je n'ai aucune animosité envers Michel Laignel, mais je n'ai pas eu les bonnes réponses à mes mauvaises questions ou j'ai eu des mauvaises réponses à de bonnes questions. C'est ce qui me pousse à poursuivre. S'il est innocent, alors je plierai au verdict. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai été conseiller pendant douze ans, que nous avions demandé un organigramme de l'administration municipale et que nous ne l'avons jamais obtenu, ce qui me semble prouver pour le moins un manque de transparence ». Il ne soutient pas non plus Serge Defosse dont il a pourtant été allié. « Serge Defosse m'avait dit avoir connu Michel Laignel en 90 lors d'un colloque de Rocard. Or, j'ai découvert qu'ils se connaissaient avant.J'ai démissionné de l'association du jour au lendemain ». Désiré Vanbrabant dit ne jamais avoir été entendu au cours de l'instruction. (.)