
Les gendarmes malgaches ont déféré samedi matin vers 7 h, heure locale, neuf personnes, suspectées d'être à l 'origine de la mort de Jean-François Dayon, 55 ans, un vétérinaire breton, installé depuis plus de 20 ans à Madagascar. Durant les quatre jours de garde à vue, des contradictions sont apparues dans leurs déclarations.
Le corps de Jean-François Dayon a été découvert le 1er janvier dans une des fermes qu'il gérait, à une quarantaine de km de Tananarive. Il ne portait pas de chaussures. La veille, il avait réveillonné avec sa compagne, inculpée, hier, d'assassinat avec d'autres membres de sa belle-famille. Aucune des personnes inculpées ne donne des précisions sur l'emploi du temps de la victime quelques heures avant le drame. Les suspects n'arrivent pas non plus à se mettre d'accord sur l'heure de la découverte et sur la position du corps le vendredi matin.
« Tous restent sur la version du suicide alors que l'autopsie prouve le contraire », explique Me Franck Berton, avocat de la famille Dayon, qui a participé aux débats dans le petit palais de justice d'Arivonimamo, située à une cinquantaine de kilomètres de Tananarive, la capitale. « Une chose est sûre: ils ne disent pas la vérité », poursuit l'avocat.
Deux mineurs écroués
Au départ, l'amie malgache de Jean-François Dayon affirmait qu'il s'agissait d'un suicide. Elle prétendait que le vétérinaire avait absorbé des médicaments et de l'alcool qui avaient provoqué le décès. L'autopsie, pratiquée après la plainte de la famille, avait vite démenti cette thèse. Le corps portait des traces de plusieurs coups qui ont entraîné la mort. Dès lors, les gendarmes malgaches ont essayé de reconstituer les dernières heures du défunt. L'enquête s'était rapidement concentrée sur les proches de la victime.
Deux mineurs, des neveux de la compagne, font partie des personnes écrouées. Un agent de sécurité et un autre employé aussi. Pour l'instant, le mobile de l'assassinat reste flou. La famille et son avocat Franck Berton en sauront un peu plus lorsque le dossier leur sera communiqué en France. Un des fils de la victime sera entendu mardi par le juge d'instruction malgache chargé de l'enquête.
Une plainte sera déposée prochainement auprès du procureur général de Paris. « Une autre autopsie devra être pratiquée, informe Me Berton. Une analyse toxicologique sera demandée. Ce n'est pas par défiance envers les gendarmes malgaches qui ont fait du bon travail mais nous voulons connaître la vérité. »
Jean-François Dayon était un spécialiste reconnu de l'aviculture tropicale et dirigeait plusieurs exploitations à Madagascar. Depuis plusieurs mois, selon les enfants de la victime, le vétérinaire faisait l'objet de menaces de mort, venues du voisinage. Il ne pouvait savoir que le danger qui le guettait était sous son propre toit.