Mort mystérieuse d'un vétérinaire à Madagascar
Ecrit par Serge Le Luyer
Spécialiste reconnu de l'aviculture tropicale, Jean-François Dayon dirigeait des exploitations près de Tananarive. Son corps a été retrouvé le 1er janvier dans une de ses fermes.
Le corps de Jean-François Dayon, 55 ans, a été découvert, le 1er janvier, près d'un bâtiment, dans une de ses fermes, à Imerintsiatosika, à une centaine de kilomètres de Antananarivo, la capitale de Madagascar. La version du suicide, avancée d'abord par les autorités locales, a été vite balayée par l'autopsie, demandée par l'ambassade de France.
Le médecin légiste aurait relevé des traces de coups sur tout le corps. Les trois enfants, qui se sont rendus sur place, veulent faire la lumière sur la mort de leur père. Ils n'avaient jamais cru à la première version et ont déposé plainte pour meurtre contre X auprès du procureur de Tananarive, suivant en cela les conseils des diplomates français.
La famille du défunt a saisi un avocat, Me Franck Berton, du barreau de Lille. Le juriste, habitué aux joutes pénales internationales pour défendre Florence Cassez, emprisonnée au Mexique, se rend mercredi à Madagascar pour quatre jours. L'avocat aura accès au dossier qui est déjà en partie à la disposition de l'ambassade de France à Antananarivo.
Menaces de mort
Jean-François Dayon dirigeait plusieurs exploitations avicoles. Depuis des mois, il faisait l'objet de menaces de mort de la part de personnes qui convoitaient les terres occupées par les élevages et les couvoirs. Le vétérinaire en était profondément affecté et ses visites se faisaient de plus en plus rares sur le domaine d'Imerintsiatosika, là où le corps a été découvert.
Originaire de Redon, où ses parents étaient volaillers, Jean-François Dayon était un spécialiste de l'aviculture tropicale. Le vétérinaire a fait ses classes à Redon et Combourg (Ille-et-Vilaine) et Craon (Mayenne). Après un passage dans un groupe agroalimentaire de Saint-Nolff (Morbihan), il s'envole, en 1984, pour Madagascar où son épouse part enseigner. En 1987, la société Sopramad (Société de production animale de Madagascar) voit le jour. Ses couvoirs et élevages employaient des centaines de Malgaches.
En 1994, le docteur Dayon a fait un séjour au Sénégal. Responsable de projet, il avait contribué au développement de l'aviculture paysanne dans le pays. Ses confrères sénégalais saluent « son engagement pour le développement ».