Société : Cinq ans de prison avec sursis pour un mari qui a tenté d'assassiner son épouse.

A l’issue du prononcé du verdict, Jean-Claude Godrie et sa victime, sa femme Chantal, se sont longuement enlacés en pleurs.
Un architecte de 57 ans auquel sa femme a pardonné de l’avoir rendue aveugle en lui tirant une balle dans la tête, a été condamné, mardi 30 novembre à Douai, par la cour d’assises du Nord, à cinq ans d’emprisonnement avec sursis, pour tentative d’assassinat.
Le jury, qui a délibéré pendant un peu plus d’une heure, a suivi le réquisitoire de l’avocat général, Jacques Raybaud, qui avait réclamé contre Jean-Claude Godrie « cinq ans d’emprisonnement dont une partie avec sursis ». L ‘accusé encourait la réclusion criminelle à perpétuité.
La cour a souhaité que l’accusé continue le suivi psychologique commencé de sa propre initiative, a annoncé la présidente Catherine Schneider.
Après le prononcé du verdict, Jean-Claude Godrie et sa victime, sa femme Chantal, en pleurs, se sont longuement enlacés. « La séparation a été insupportable. On est soulagés de se retrouver », a déclaré l’épouse.
« On va renaître », a pour sa part estimé le mari qui, un matin de septembre 2002, criblé de dettes, s’était saisi de sa carabine avec l’intention de tuer sa femme et de retourner ensuite l’arme contre lui. Le cri de douleur de l’épouse blessée et l’irruption de leur fils l’avaient dissuadé d’aller au bout de sa tentative meurtrière et suicidaire.

UN GESTE « D’AMOUR »
Dans son réquisitoire, l’avocat général avait estimé qu’ « il y a bien tentative d’assassinat » et évoqué un « acte réellement odieux ». Mais il avait souligné le « contexte particulier » de l’affaire, où la victime a pardonné le geste désespéré de son mari.
M. Raybaud avait aussi confié prendre « un pari » en ne réclamant pas de peine supérieure à l’encontre de M.Godrie, et dit espérer que l’accusé « sera à la hauteur de la confiance dont on le crédite et de l’attente de son épouse ».
Guidée par son mari à l’intérieur du palais de justice, Chantal Godrie avait expliqué à la barre que « le mal d’être séparée de Jean-Claude était plus fort encore que la cécité ». L’épouse avait estimé que le geste de son mari était un geste « d’amour » et qu’elle ne lui en voulait pas : « Il n’a pas fait ça pour m’assassiner mais parce qu’il était à bout. » Mme Godrie s’était portée partie civile au procès pour réclamer l’acquittement de son époux.
« Elle est victime des circonstances de la vie, pas de son mari », avait plaidé Maître Franck Berton, avocat de l’accusé. Demandant un « sursis total » pour son client, Maître Berton avait expliqué ne pas plaider l’innocence car « cela n’a pas de sens sur le plan pénal ». Jean-Claude Godrie ne veut « pas gommer son geste », avait-il assuré.