Procès en appel d'Anne Follin : « Ma punition, c'est d'être vivante ».

Ecrit par ANNE-GAÃ?LLE DUBOIS
Le procès en appel d'Anne Follin, pour les meurtres de son mari et de ses deux enfants, en 2001 à  Moncheaux, près de Seclin, se poursuit à  Saint-Omer jusqu'à  vendredi. Etait-ce un « suicide » collectif voulu par le couple ?

Elle demandé a parler. Corpulence moyenne, cheveux courts blonds, Anne Follin, digne à  la barre, refait le parcours de sa vie. Son enfance dans une famille de cultivateurs, sa rencontre avec Alain Follin, la naissance de Guillaume et Aline, en 1990 et 1993.

Et des années difficiles. La faillite de leur magasin, le cancer de son mari, des problèmes d'argent, des détournements de fonds, leur départ de la Somme pour Moncheaux. Là , « Alain se sentait inutile ».

Au point de vouloir mourir. Trois jours avant le drame, l'épouse tombe sur une lettre avec ses dernières volontés à  côté de leur pistolet. « On en a parlé. On pleurait. Il m'a dit : « Ce que j'aimerais, c'est qu'on parte loin tous les quatre. » Pour moi loin, c'était mourir », lance la prévenue, en larmes. Après un week-end pourtant heureux, le dimanche soir, la maman prépare le petit déjeuner des enfants. Qu'ils ne prendront jamais. Ce lundi 23 avril 2001, tout le monde dort sauf elle, qui monte s'habiller, mais. « Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai attrapé l'arme, je me suis approchée d'Alain et j'ai tiré. J'ai couru dans la chambre de Guillaume, j'ai tiré, puis dans celle d'Aline, j'ai tiré.

J'ai tiré sur moi mais le coup n'est pas parti. » L'accusée, retrouvée blessée de coups de couteau, l'arme s'étant effectivement enrayée, a plus tard cherché plusieurs fois à  se supprimer : « Ma punition, c'est d'être vivante ! »

Mais pourquoi avoir attendu cinq ans pour donner cette version ? Pourquoi avoir appelé la police, juste après avoir tué sa famille, en affirmant qu'un malfaiteur était dans la maison ? Le fait qu'elle devait le lendemain du drame comparaître au tribunal d'Amiens pour détournements de fonds l'a-t-il poussée à  l'irréparable ? Des questions encore sans réponse. En aura-t-on ? « Ce que j'ai fait est injustifiable. Mais je les aimais mes enfants ! Je pensais abréger nos souffrances. L'explication, je ne la trouverai jamais. »