Anne Follin avoue que la mort de sa famille avait été préparée.
Ecrit par Florence Traullé
Ce procès en appel n'aura pas servi à rien. Au troisième jour d'audience, Anne Follin a donc levé le voile sur ce qui s'est passé le 21 avril 2001 au matin dans sa maison de Moncheaux. Elle avait déjà reconnu avoir tué d'une balle en pleine tête sa fille Aline, 7 ans, son fils Guillaume 11 ans et son mari Alain, mais sans jamais véritablement expliqué comment elle a basculé dans la folie meurtrière.
Derrière la façade du couple sana histoires, des fissures, des douleurs, un immense désarroi. Alain était dépressif, n'arrivait pas à refaire surface. Anne, acculée par les dettes, avait escroqué son ancien employeur et devait comparaître le lendemain du drame devant la justice. Jusqu'à hier, elle s'en était tenue là . « Un geste de folie ».
Hier, interrogé par le président Charles Pinarel, Anne Follin a enfin parlé. Ce carnage avait été préparé. Quelques jours avant le drame, « nous en avons eu l'idée avec mon mari. Tous les deux nous voulions mourir ». Vers 6h du matin, alors que les volets de la maison de Moncheaux étaient encore baissés, Anne Follin se préparait à partir travailler.
« La paix que l'on voulait. »
Elle est remontée à l'étage. « J'ai vu mon mari dormir. C'était la paix dans la maison. La paix que l'on voulait après la mort ». Alors, elle a tiré, trois fois, trois balles, une pour chacun mais elle n'est pas parvenue à se suicider. Tout de même, cette femme se poignardera à cinq reprises avec un couteau de cuisine. « Ce n'était pas du cinéma », est venue dire, mardi, la légiste qui l'a examinée après qu'elle eut été opérée en urgence. Pas assez pourtant pour la mort qu'elle voulait après avoir anéanti sa famille.
L'avocat général Laurent de Caigny qui, déjà en première instance à Douai en mai 2005, s'était retrouvé face à Anne Follin tiendra-t-il aujourd'hui les mêmes réquisitions à l'encontre de cette femme ? Il avait réclamé et obtenu 25 années de réclusion criminelle. Frank Berton, l'avocat d'Anne Follin, expliquait à l'ouverture du procès à Saint-Omer que sa cliente avait voulue faire appel « pour s'expliquer », ce dont elle s'était révélée incapable à Douai.
A l'époque, elle avait été sans doute tétanisée par le poids de son premier aveu, livrés aux jurés dès les premières minutes d'audience après quatre années de farouches dénégations.
Hier, elle a fait un nouveau pas. Le verdict est attendu dans la soirée, voire dans la nuit. Dans le secret de la chambre des délibérés, la tâche des jurés ne sera pas facile.