Une décision, mais laquelle ? Et quand ?
Ecrit par Eric Dussart
« Ce huit décembre, j'aurais préféré ne pas le vivre. Que cette journée-là se passe sans moi. Contrairement aux autres jours, j'ai d'ailleurs été incapable de me lever à six heures. Je ne pouvais que me blottir dans mon lit, les draps au-dessus de ma tête... » Mais Florence Cassez sait bien que ce n'est pas si simple et il a bien fallu qu'elle la vive, cette journée douloureuse, date maudite de son arrestation cinq ans plus tôt. Et puisque c'était un mercredi, la prison de Tepepan l'a vécue au rythme d'un conseil disciplinaire hebdomadaire que redoutent les plus dures des détenues et qui tend violemment l'ambiance dans les couloirs.
Cette date, la proximité des fêtes et... le report de l'étude de son amparo espérée le 9 décembre ont affecté la jeune femme. Quoi qu'elle fasse pour tenter de se prévenir des illusions intempestives, elle ne peut s'empêcher d'y penser, évidemment. Mais que signifie donc ce report soudain ? « Il a pu se passer quelque chose qui oblige les juges à consacrer encore du temps à ce dossier », dit Agustin Acosta.
Un nouveau président à la Cour suprême
L'avocat suggère que les magistrats puissent prendre du temps pour étudier les amicus curiae déposés récemment. Ces documents étayés, soumis au tribunal par des autorités civiles, religieuses et judiciaires, ont fait beaucoup de bruit dans l'opinion. Il fait également remarquer qu'un nouveau président prendra ses fonctions à la tête de la Cour suprême le 3 janvier et que celui-ci est réputé très attaché au respect des droits de l'homme. « Il a peut-être exprimé le désir de connaître ce dossier... » En tout cas, rien n'oblige les juges du tribunal de circuit à inscrire l'affaire Cassez à une date particulière. Il y aura même une courte session à partir de mercredi prochain, « mais on ne se dirige pas vers cette éventualité », dit Me Acosta. Alors quand ? Janvier, février, plus tard ?... « Je ne vais tout de même plus rester ici des mois », soupire la jeune femme...