Un film de cinquante-deux minutes à la télévision mardi soir sur la troublante histoire de Florence Cassez
Ecrit par Eric Dussart
Othello Khanh et Patrice du Tertre ne sont plus des jeunes journalistes depuis longtemps et ils ont roulé leur bosse à travers le monde. Le premier s'est néanmoins arrêté sur la troublante histoire de Florence Cassez, sur laquelle il a eu immédiatement envie d'enquêter. Et il n'a pas eu de mal à convaincre le second.
Le résultat, presque un an plus tard, c'est un film de cinquante-deux minutes, qui revient d'abord sur la genèse de cette affaire, avant même l'arrestation de Florence Cassez et Israël Vallarta le 8 décembre 2005, avant de suivre une hypothèse que les deux hommes ont choisi de creuser.
Une enquête du Vatican
« Quand c'est terminé, on ne peut s'empêcher d'être déçus : pour nous, c'est presque trop court. » Bernard Cassez en veut toujours plus, quand il s'agit de sa fille. Quoi de plus normal ? Mais il convient que le travail des deux journalistes a le mérite de faire ressurgir une étonnante coïncidence dont on a beaucoup parlé, au moment de la condamnation de Florence Cassez : la présence d'Edouardo Margolis dans les locaux de la police le soir de l'arrestation de la jeune femme.
Un drôle de personnage, ce Margolis. Lié aux policiers, mais aussi aux cartels, homme d'affaires sans scrupule et même espion à ses heures, dit-on, il a été l'associé de Sébastien Cassez, le frère aîné de Florence, avant que celui-ci, un peu échaudé par ses pratiques, décide de quitter leur société. Et c'est alors que les ennuis ont commencé. Menaces de mort, de kidnapping sur ses enfants, pressions en tous genres... Et c'est de cet homme-là que sa soeur a entendu parler, juste avant qu'on l'oblige à jouer le mauvais film de son arrestation devant les caméras de télévision. Jusque-là courtois et rassurants, les policiers se sont mis soudain à l'insulter et à lui promettre les pires maux, au nom de Margolis.
Alors, Othello Khanh et Patrice du Tertre ont cherché à en savoir plus. Pour cela, ils ont rencontré un ecclésiastique qui a coordonné une enquête de six mois sur cette affaire, à la demande... du Vatican.
C'est Nicolas Sarkozy, qui avait parlé de Florence Cassez lors de sa visite à Rome, en octobre 2010. Benoît XVI avait alors demandé à la conférence épiscopale de Mexico d'enquêter et les pères ont mis vingt-sept hommes sur le coup.
« Je ne sais que croire »
Résultat : ils concluent à l'innocence de Florence Cassez et croient savoir que la jeune femme que l'on a présentée comme une otage libérée avec son fils, le 9 septembre 2005, n'est autre que... la femme de ménage de Margolis. « Franchement, je ne sais pas que croire,dit Sébastien Cassez. Mais ça peut être vrai, c'est assez dans ses manières. Alors, faudrait-il en conclure que ces gens n'ont jamais été kidnappés ? » Le sujet est suffisamment sensible, en tout cas, pour que certains témoins aient demandé aux journalistes de ne plus figurer à l'image...
« Florence Cassez, l'ultime recours », de Patrice du Tertre et Othello Khanh. Mardi 15 novembre à 20 h 35 sur France 5.