Thierry Lazaro dénonce une justice mexicaine « corrompue, aux ordres »
Ecrit par Matthieu Millecamps
Parmi les premiers soutiens de Florence Cassez, dans les semaines qui ont suivi son incarcération, en décembre 2005, Thierry Lazaro a laissé exploser sa colère à l'annonce du rejet du recours de la jeune nordiste.
Le député maire (UMP) de Phalempin a apporté très tôt son soutien à la famille de Florence Cassez. C'est notamment suite à son intervention que la famille a été reçue par Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises. Joint par téléphone dans les minutes qui ont suivi l'annonce du rejet du recours déposé par Florence Cassez, il a eu des mots extrêmement durs à l'encontre du gouvernement mexicain.
Le rejet de l'amparo, l'équivalent d'un recours devant la cour de cassation, est pour Thierry Lazaro le signe d'une « justice (mexicaine, ndlr) corrompue, au service du pouvoir ». Estimant que le recours devant la Cour interaméricaine des Droits de l'Homme restait encore possible, il a cependant regretté la décision de la justice mexicaine, « la pire des options ». « Nous voilà repartit pour plusieurs années », regrette l'élu nordiste.
Un gouvernement mexicain composé « d'autocrates »
Pour lui, le jugement est « politique ». Il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer Felipe Calderon et son gouvernement. « Calderon avait eu pour mandat, délivré par les mexicains, de moraliser la vie publique. Et voilà qu'il s'est acoquiné avec un mafieux ! », tempête l'élu, visant spécifiquement « (Genaro) Garcia Luna, ex chef de l'AFI (agence fédérale d'investigation, ndlr), devenu ministre de l'Intérieur On sait que ce type est plus du côté des bandits ! » Pour Thierry Lazaro, le gouvernement mexicain est composé « d'autocrates, de dictateurs, parce qu'ils ne respectent pas leur propre Constitution et les droits individuels. »
Reçus plusieurs fois par Nicolas Sarkozy, en même temps que la famile, Thierry Lazaro dit avoir respecté, jusqu'alors, les consignes de tempérance données lors de ces rencontres. « On nous a demandé de faire preuve de pondération, de ne pas brusquer l'opinion publique mexicaine Mais l'opinion publique mexicaine se retourne, aujourd'hui », juge l'élu nordiste qui plaide pour que la France « bloque tout ce qui peut avoir rapport de près ou de loin avec le Mexique ».
« On est effondrés, mais on va se battre »
Thierry Lazaro en appelle ainsi à l'annulation de l'année du Mexique en France. Il plaide également pour que Nicolas Sarkozy, actuel président du G20, use de son influence au sein de l'institution pour marginaliser Felipe Calderon. « Je veux qu'il lui retire toutes les missions qui ont pu lui être confiées dans le cadre du G20 », tonne l'élu avant de conclure : « On est effondrés, mais on va se battre ».