Son dernier recours judiciaire est rejeté: Florence Cassez est définitivement condamnée

Ecrit par Eric Dussart

C'est un coup de fil de l'Élysée qui a prévenu Frank Berton, un peu avant 21 heures, hier. L'amparo déposé par Florence Cassez au mois d'août a été rejeté en bloc. La jeune femme est aujourd'hui définitivement condamnée à soixante ans de prison. À ce jour, elle en a fait cinq, ce qui revient à dire qu'elle sortirait à plus de quatre-vingt-dix ans.



Dès qu'il a eu connaissance de la nouvelle, Me Berton est entré dans une colère qui semblait longtemps contenue : « C'est une honte. Ce pays ne respecte ni la liberté ni la démocratie, c'est un pays qui foule aux pieds les droits de l'homme. Nous n'avons pas eu un procès impartial, sinon, elle aurait été libérée : son innocence crève les yeux. » Mais y croyait-il encore, à ce procès impartial qu'il appelait de ses vœux devant les caméras et les micros ces derniers jours ? Pas sûr. Immédiatement après le coup de fil de l'Élysée, il parla clairement « des interventions politiques dont nous avons connaissance », il confia que « les dés étaient pipés d'avance », et pour cela, il avait un indice supplémentaire, hier soir : « On nous avait annoncé une audience à 14 heures et un quart d'heure avant cette heure-là, on nous annonce déjà que ma cliente est condamnée. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tout bêtement que les juges n'ont même pas étudié l'amparo de centonze pages que nous avons rendu, ni les dix-sept moyens de cassation présentés. »

« Elle est effondrée »

Pressions politiques sur l'autorité judiciaire, fuites des juges auprès d'Agustin Acosta, son avocat mexicain, ces derniers jours, et depuis hier, peu de temps avant que ne soit rendue la décision, nouvelle offensive des associations de victimes mexicaines, qui continuent à diffuser les fausses informations contenues dans le simulacre d'arrestation du 9 décembre 2005 pour maintenir l'opinion publique dans la conviction de la culpabilité Pour MeBerton, au Mexique, ces derniers jours, « tout a été fait pour protéger Genaro Garcia Luna ». L'actuel ministre de la Sécurité intérieure, ancien directeur de la police spéciale qui a arrêté Florence Cassez et son ex-compagnon, semble être celui qui tient la jeune femme dans le creux de sa main. Un homme sulfureux, puissant et sans états d'âme, voilà comment il est décrit dans la presse de son pays ainsi que dans les livres qui sortent désormais pour dénoncer ses liens avec le cruel cartel de Sinaloa.

Aujourd'hui, il reste aux défenseurs de Florence Cassez la possibilité d'un recours devant la Cour panaméricaine des droits de l'homme, mais tellement aléatoire : « Que pouvons-nous espérer ? Que le Mexique soit condamné dans cinq ou six ans ? Cela ne fera pas sortir ma cliente. » Avec Thierry Lazaro, député-maire de Phalempin et principal soutien politique, il parlait surtout de faire annuler l'année du Mexique en France, qui vient de débuter. Et puis son téléphone a sonné, c'était Florence, depuis sa prison de Tepepan, qui venait aux nouvelles : « Ça y est Florence. C'est confirmé. » Elle avait beau s'y être préparée, c'était dur, très dur : « Elle est effondrée »