Printemps des poètes : Florence Cassez innoncente, en vers et contre tout...

Cette fois-ci, ce ne sont ni des plaidoiries d'avocats, ni des déclarations d'hommes politiques pour défendre Florence Cassez que l'on entend. Mais les mots de son père, Bernard, installé à Dunkerque, accompagné d'un journaliste de « La Voix du Nord » et de lycéens de Beuvry, auteurs de poèmes lus au lycée de l'île Jeanty.



« Si sa peine est confirmée, Florence part dans une prison de haute sécurité. » Bernard Cassez ne crie pas, ne s'énerve pas. Il explique la situation au public d'adultes et d'élèves assis devant lui dans l'une des salles du lycée de l'île Jeanty. Derrière les barreaux mexicains depuis décembre 2005, la jeune femme, condamnée à soixante ans de prison, risque de devoir quitter Tepepan. Direction : un centre de détention pour longues peines, beaucoup plus dur qu'Éric Dussart, grand reporter à La Voix du Nord et auteur d'un livre sur cette affaire, donne à imaginer à l'auditoire : « Vous avez déjà vu des films américains des années 70, genre Midnight Express ?

C'est pareil. Et elle a déjà vécu dans un pénitencier du même genre. » Ni l'un ni l'autre ne croient à la culpabilité de la jeune femme, que la justice mexicaine considère comme membre d'une bande de ravisseurs : « Dès son arrestation, ses droits n'ont pas été respectés. »
Trop d'incohérences au moment de l'arrestation mise en scène devant les caméras de télévision, trop de revirements chez ses accusateurs, trop d'acharnement de la part de certaines personnalités de haut rang... Une question porte sur la tension que fait peser ce dossier sur les relations entre les deux pays. Bernard Cassez estime : « Je ne pense pas que les liens entre les gouvernements français et mexicain sont rompus. » « L'opinion publique au Mexique est en train de changer, les médias aussi. Des politiques se manifestent et rendent visite à Florence », détaille-t-il. Éric Dussart complète : « Il y a encore du chemin à faire pour informer l'opinion mexicaine.

La version que délivrent les journaux est celle de Genaro Garcia Luna (à l'époque directeur de l'Agence fédérale d'investigation, devenu secrétaire de la Sécurité publique). Mais quelques journalistes courageux écrivent la vérité. »

« Écrire pour un jour la revoir »

Aux mots des journalistes, s'ajoutent désormais ceux de jeunes auteurs sous la forme d'un recueil de poèmes intitulé Florescence . On doit cet ouvrage, sorti en septembre, à l'atelier d'écriture d'une classe de seconde du lycée Marguerite-Yourcenar, de Beuvry, atelier mené l'an passé par Hervé Leroy, de la Maison de la poésie du Nord - Pas-de-Calais.

À tour de rôle, soutenus par une guitare ou une flûte de Pan, les élèves se présentent devant l'auditoire. L'émotion se devine dans les voix quand ils lancent : « écrire pour oublier le moment présent, écrire pour vivre pleinement », « écrire pour ne pas rester dans le silence », « écrire car on pense à Florence, écrire pour un jour la revoir ». Mille et un messages d'espoir adressés à « celle qui a le courage de continuer, de crier son innocence ».