Mexique : un appui pour Cassez
Ecrit par Léonore Mahieux
Des députés mexicains apportent leur soutien à la Française. Un tournant.
Une révision du dossier de Florence Cassez. C'est ce qu'ont annoncé trois députés mexicains après avoir rendu visite à la Française dans sa prison, la semaine dernière. Condamnée à une peine de 60 ans pour enlèvements et ports d'armes, la jeune femme clame son innocence depuis bientôt six ans. Et de nombreuses associations de défense des droits de l'homme dénoncent un procès entaché d'irrégularités.
C'est la première fois que des hommes politiques mexicains s'intéressent ouvertement à cette affaire, et ce, contre la volonté du pouvoir exécutif, qui n'a pas autorisé de visite officielle. Les députés ont dû s'inscrire comme « amis » sur la liste d'entrée de la prison.
À la sortie, chacun a mesuré ses propos à l'aune de son bord politique. « Il ne s'agit pas de dire si elle est coupable ou innocente », explique le député Arturo Garcia, du PAN (Parti action nationale) du président Felipe Calderón. " Cette visite était une première approche. Florence Cassez donne une version différente de celle de la police. Il est important d'éclaircir avec précision ces points. C'est l'objet de cette révision du dossier"
En fait de révision, il s'agit d'un échange d'informations avec l'avocat de la défense qui devra leur envoyer un résumé de sa vision de l'affaire et une liste des irrégularités dénoncées lors du procès en cassation. « Je ne peux pas présumer des conclusions, souligne Arturo Garcia. Mais si on trouve des choses, il faudra les dire. » Le député d'opposition Gerardo Fernández Noroña est, lui, déjà convaincu. Il connaît le dossier et considère que « le cas de Florence Cassez est emblématique et pourrait ouvrir la voie à la révision de procès de Mexicains injustement détenus ».
Utilisation politicienne ?
Cette visite de législateurs, qui suit de peu la rencontre entre le président du Sénat mexicain, Manlio Fabio Beltrones (Parti révolutionnaire institutionnel, opposition), et le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, marque un tournant : l'affaire Cassez n'est plus le domaine réservé de l'exécutif mexicain. À un an de l'élection présidentielle - qui doit avoir lieu en juillet 2012 -, ce changement indique une volonté des autres partis de préparer l'après-Calderón.