Mexique: la Cour suprême va examiner la recevabilité du recours de Florence Cassez

La Cour suprême mexicaine a chargé sa Première chambre d'examiner la recevabilité du recours de Florence Cassez contre sa condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements, a indiqué jeudi à l'AFP l'avocat mexicain de la Française, Me Agustin Acosta.



La Cour a "accusé réception" mercredi soir du recours déposé lundi par l'avocat devant le Septième Tribunal pénal de Mexico qui avait condamné Florence Cassez, âgée de 36 ans.

A partir de maintenant, l'instance judiciaire doit se prononcer sur sa recevabilité, dans un délai d'un mois. "Il s'agit d'une procédure tout à fait normale", a indiqué Me Acosta.

En effet, le dépôt d'un recours devant la Cour suprême ne peut se faire directement, mais en passant par le Tribunal dont la décision est l'objet d'un recours, dans ce cas le Septième Tribunal pénal de Mexico qui a condamné Florence Cassez. La Cour Suprême du Mexique a un mois pour se prononcer sur la recevabilité et aucune date n'a été fixée pour la décision. Composée de 11 membres, elle est divisée en deux chambres (salas) de cinq membres chacune, dont ne fait par partie le président, Juan Silva Meza.

La Première chambre est chargée des affaires civiles et pénales.

Si elle admet la recevabilité, la Cour suprême se saisira alors du dossier sur le fond.

Florence Cassez a toujours clamé son innocence.

La Française a été arrêtée le 8 décembre 2005 avec son ex-compagnon Israel Vallarta, soupçonné de diriger un groupe, "los Zodiacos", qui aurait à son actif une dizaine d'enlèvements et un meurtre.

Le 9 décembre, la police a mis en scène devant les caméras de télévision l'arrestation de Florence et d'Israel, et la libération de trois de leurs otages présumés, présentées comme des événements filmés en direct.
Le recours présenté lundi par les avocats de Florence Cassez met cette manipulation, reconnue par la justice mexicaine, au centre de leur argumentation.

Il demande la révision pour inconstitutionnalité du rejet du pourvoi en cassation décidé le 10 février par trois juges, sentence rendant définitive la condamnation de la Française.

Ses chances d'obtenir la révision de son procès sont "faibles", selon son avocat français, Me Frank Berton.