Me Berton : Florence Cassez est une «otage politique»
Ecrit par AFP
Me Frank Berton, l'avocat français de Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements, a estimé mardi que sa cliente, dont le Mexique a refusé le transfèrement en France, est une «otagepolitique».
Interrogé sur France Info, l'avocat a souligné que c'était la deuxième fois que le Mexique donnait une réponse négative à une telle demande. « Une nouvelle fois le Mexique s'inscrit dans une volonté de ne pas appliquer une convention internationale », a déclaré Me Berton.
« On n'a même pas eu le temps (...) de présenter la demande. Le président (Sarkozy) l'a annoncé hier, ils nous ont répondu non. Il y a quand même des procédures à respecter. Elles n'ont même pas été encore engagées, et les Mexicains disent non », a-t-il dénoncé. « Et parallèlement ils couplent ça avec une non participation à l'année du Mexique. Florence a demandé que l'année du Mexique se tienne, que l'on ne se serve pas de son cas pour paralyser cette année du Mexique, et en réaction le gouvernement dit non. Elle le demande, eux disent non. C'est la démonstration (...) que Florence est une nouvelle fois (...) un otage politique là-bas », a-t-il poursuivi.
« L'escalade, finalement, c'est elle qui en pâtira en premier »
Jeudi, la justice mexicaine a rejeté le pourvoi en cassation de Florence Cassez qui clame son innocence. « Tout le monde sait que ses droits et les Droits de l'Homme n'ont pas été respectés, que ce dossier a été construit, que ce dossier a été instrumentalisé par Genaro Garcia Luna (le ministre mexicain de la Sécurité publique) et que l'on a (...) une volonté de s'acharner contre cette femme », a ajouté l'avocat.
Me Berton a émis l'hypothèse que « Garcia Luna, inquiet de devoir répondre de ses agissements devant la justice française, a convaincu Calderon de dire non à l'année du Mexique ». Selon lui, ces deux hommes « régentent à la fois le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique » au Mexique. « Le gouvernement (mexicain) se sert d'elle (...) pour détruire les relations entre les deux pays, c'est assez incroyable », a-t-il dit.
L'avocat s'est dit « très inquiet » pour sa cliente, estimant que « l'escalade, finalement, c'est elle qui en pâtira en premier, je ne serais pas surpris qu'ils la transfèrent dans un quartier de haute sécurité ».