Les parents de Florence Cassezoeuvrent pour la défendre
Ecrit par CÉCILE BEAULIEU
Trente-cinq toiles. Autant de cris, poussés derrière les barreaux de la prison de Tepepan, au Mexique, où Florence Cassez, condamnée à soixante ans de détention, se bat depuis six ans pour prouver son innocence. Elle peint et dessine aussi.
Ses oeuvres, parfois colorées, parfois sombres, sont exposées depuis hier dans le hall de la mairie du Xe à l'initiative de Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de- France, président du comité de soutien de la jeune femme, et de Rémi Féraud, maire PS de l'arrondissement. « C'est une façon pour elle de s'exprimer, demontrer qu'elle est toujours là, qu'elle est en vie, qu'elle existe et ne cesse de se battre », souligne sa mère, Charlotte Cassez, des sanglots dans la voix.
Déjà une exposition dans le Nord Charlotte s'est rendue hier avec son mari Bernard à l'exposition des oeuvres de Florence. Les peintures et les dessins, réalisés en détention depuis 2006, ont été rapportés en France par les parents de Florence sur une idée de Me Franck Berton, son avocat, et ont été exposés pour la première fois en avril dans le Nord, à Lambersart, où elle a longtemps vécu. Sa mère commente les toiles.
Sous chacune, Florence a écrit quelques mots, témoignant de ses états d'âme fluctuants, de l'espoir, du désespoir : «On danse, on chante, on rit, on fait comme si on ne souffrait pas, pour se mentir et se dire qu'on n'a pas mal », note-elle ainsi sous « Insouciante ». Le tableau représente une danseuse orientale, de dos, vêtue de couleurs vives. Un peu plus loin, un arbre torturé, du rouge et du noir. « L'arbre, symbole de la force, de la vie, est noir, en dépression, fatigué, mort…» écrit Florence.
Arrêtée le 8 décembre 2005 avec son ancien compagnon Israël Vallarta, soupçonné de diriger un groupe qui aurait eu à son actif une dizaine d'enlèvements et un meurtre, la jeune femme a toujours clamé son innocence.
La Cour suprême du Mexique devrait examiner le recours que vient de déposer son avocat. « Cette exposition est une occasion de penser à elle et de la soutenir. De montrer qu'on ne l'oublie pas », murmure sa mère.