Les élites mexicaines s'emparent du cas Florence Cassez

Alors que plusieurs personnalités mexicaines avaient émis des doutes sur les motifs de la condamnation de la Française pour des enlèvements qu'elle nie farouchement, l'université du Mexique a organisé une table ronde sur le cas Florence Cassez réunissant notamment avocats et journalistes.

Professeurs d'université, avocats, cinéastes et journalistes ont participé mercredi à une table ronde sur le cas de la Française Florence Cassez, à l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM), une première au sein de la plus prestigieuse des universités mexicaines.

La journaliste française Anne Vigna, auteure du livres Peines mexicaines a souligné les contradictions des témoignages ayant conduit à la condamnation de la Française à 60 ans de prison pour enlèvements. Elle a aussi rappelé les circonstances du montage organisé par la Police fédérale le 9 décembre 2005, celui d'une prétendue arrestation en direct de la Française, avec son ex-ami Israel Vallarta, dans une maison des environs de Mexico, alors que l'interpellation avait eu lieu la veille. L'avocat mexicain de la Française Me Agustin Acosta a déposé un recours actuellement étudié par la Cour Suprême du Mexique.

"Un grand pas en avant"

La journaliste mexicaine Anabel Hernandez, spécialiste des questions criminelles et des cartels de narcotrafiquants, a dénoncé une justice qui aboutit à "libérer les coupables et emprisonner des innocents". Le réalisateur Roberto Hernandez a rappelé les circonstances du tournage de son documentaire Présumé coupable" qui décrit les graves déficiences de la justice mexicaine, à travers le cas d'un modeste commerçant condamné à 20 ans de prisons malgré la rétractation de son principal témoin à charge. Ce film a battu les records de fréquentation pour un documentaire au Mexique avec 1.689.000 spectateurs en salles.

La Française a aussi reçu le soutien d'un député mexicain, Gerardo Fernandez Norona, du parti des travailleurs, premier homme politique mexicain à se prononcer publiquement en faveur de la Française et qui pense faire des émules dans les semaines à venir.

Pour Miguel Sarre, professeur de droit international, "le fait que cette conférence se déroule dans cette enceinte, dans la plus prestigieuse université du pays, est un événement fondamental qui traduit un grand pas en avant dans la diffusion et la prise de conscience du cas de Florence Cassez". Au pied de la tribune, figuraient les quatre dernières peintures de Florence Cassez. Quarante de ses oeuvres ont été exposées ce mois-ci à Paris.