Les avocats de Florence Cassez ont trouvé le moyen de présenterun recours

C'est en fouillant minutieusement le jugement rendu par le tribunal de circuit le mois dernier qu'Agustin Acosta a trouvé matière à saisir la Cour suprême du Mexique, alors qu'on croyait que le rejet de l'« amparo » présenté en août 2010 scellait définitivement le destin de Florence Cassez. Mais l'avocat mexicain prévient : il s'agit ici d'une procédure aléatoire et extrêmement longue.



Le recours que déposera Me Acosta cet après-midi visera une révision de l'amparo étudié - et rejeté - le 10 février. « Il s'agit d'une procédure exceptionnelle, uniquement basée sur des questions de constitutionnalité, explique-t-il. Dans la manière dont a été rédigé le jugement, nous avons trouvé une ouverture très fine, très faible. » Mais sa cliente avait prévenu : « On continue de se battre, on fonce », avait-elle dit. En utilisant le moindre argument.

Ici, ce sont d'abord les méthodes de la police qui seront visées. « La Constitution mexicaine indique qu'elle doit agir avec professionnalisme et dans la légalité. Or, le montage médiatique est une violation flagrante de cela. » Et le tribunal de circuit ne dit pas un mot de cela, dans son jugement du 10 février. Premier motif de recours en révision.

« Nous leur avions également demandé de visionner les images vidéo de cette mise en scène, ce qu'ils ont refusé d'un trait de plume. Or, c'est à partir de ces images que l'on peut comprendre ce dossier. » Deuxième motif. Il y a aussi le refus d'invalider les aveux d'Israël Vallarta, alors qu'il est établi que le jeune homme a été torturé : « C'est contraire aux principes des droits de l'homme et le tribunal ne l'a pas pris en compte. » Bref, toutes les ouvertures ont été exploitées par Me Acosta et son collègue lillois Frank Berton, qui ont bâti leur recours en échangeant par e-mail. « Dans un premier temps, il faut maintenant que la chambre pénale de la Cour suprême estime ce recours recevable , explique l'avocat mexicain. Nous devrions être fixés dans trois semaines ou un mois. Ensuite, s'il est étudié, nous sommes partis pour plusieurs mois. Peut-être un an... » Pendant ce temps, au moins, Florence Cassez ne devrait pas être transférée dans une prison plus dure que celle de Tepepan, ce qu'elle redoute par-dessus tout. Avant de déposer le recours devant la Cour suprême, aujourd'hui, Agustin Acosta passera la voir pour lui expliquer tout cela.