Le sort de Florence Cassez sera bien fixé ce jeudi

Ecrit par Marie Simon

La Française s'est pourvue en cassation en août 2010. Après cinq mois d'examen, les trois juges saisis rendront sans doute leur décision dès ce jeudi.



"Florence Cassez sera fixée sur son sort jeudi", affirmait 20minutes.fr, ce lundi soir. En effet, c'est le jeudi, habituellement, que le "Septimo tribunal" devant lequel la Française emprisonnée au Mexique a déposé son ultime recours (amparo, qui ressemble au pourvoi en cassation en France), rend ses décisions. Il les annonce traditionnellement en affichant son "programme" du jeudi suivant sur les murs du palais de justice.

L'avocat de Florence Cassez, Me Frank Berton, restait prudent mardi dans la matinée. "C'est la troisième fois qu'on nous fait le coup, qu'on nous annonce qu'une audience va peut-être avoir lieu, et puis rien". Il attendait des nouvelles de son homologue mexicain, Me Augustin Agosta, pour confirmer ce rendez-vous de jeudi, quelques heures plus tard: "Une audience aura bien lieu, une décision sera sans doute rendue dans la nuit de jeudi à vendredi."

C'est le rendez-vous de la dernière chance, pour la Française de 36 ans condamnée à 60 ans de prison pour des enlèvements... Elle clame son innocence depuis le début de l'affaire, fin 2005, et ses avocats pointent les incohérences et les irrégularités du dossier, lors de l'arrestation "mise en scène" devant les caméras, de l'enquête et des audiences.

Cinq mois depuis le dépôt de l'amparo...

Mais, même si cette audience a bien lieu, il se pourrait qu'aucune décision ne soit rendue dès ce jeudi. D'après Me Frank Berton, le tribunal pourrait remettre cette décision de quelques semaines.

D'après une source diplomatique mexicaine, "les trois juges de ce tribunal devraient en tout cas traiter le dossier à partir de cette date". Cette source souligne que cinq mois "seulement" se sont écoulés depuis le dépôt de l'amparo, fin août 2010, "le temps nécessaire pour les magistrats afin d'analyser chacun des arguments présentés par la défense".

Entre temps, l'Eglise mexicaine et un ex-ministre de la Justice ont pris parti pour la Française qu'ils estiment "innocente". Et un journaliste mexicain, qui avait apporté au dossier de la défense des éléments probants concernant l'arrestation filmée de Florence Cassez, a trouvé un accord à l'amiable avec son ancien employeur, Televisa qui permet à la chaîne de télévision "de ne pas aller en justice et de ne pas ouvrir la boîte de Pandore, car Televisa a été complice de la police fédérale dans la présentation du montage", selon la journaliste française Anne Vigna.

... et trois cas de figure

Désormais, l'annonce de la décision du Septimo tribunal "peut arriver en tout moment", ajoute la source diplomatique mexicaine déjà mentionnée. Trois cas de figure pourraient alors se présenter. Soit le tribunal accepte la totalité des arguments de la défense: Florence Cassez est libre, rapidement. Soit il les refuse catégoriquement: fin des recours possibles pour la Française, peine inchangée, avec pour seul recours la Cour interaméricaine des droits de l'homme...

Soit, enfin, il accepte une partie des arguments et peut alors envisager une réduction de peine, ou un nouveau procès, synonyme de nouveaux mois d'attente derrière les barreaux. Mais un procès peut-être "plus équitable que le premier, avec une accusation plus transparente", espère l'avocat de Florence Cassez. Même si, de leur côté, les autorités mexicaines insistent sur "l'indépendance de la justice nationale dont le gouvernement fédéral respectera la décision" et sur le fait que "Florence Cassez a toujours eu la possibilité de se défendre".

La jeune femme dont le sort est devenu une affaire d'Etat, elle, se dit "préparée au pire" dans les colonnes de la Voix du Nord. "Je suis tranquille, presque froide. Pour ça, j'ai gagné en maturité. Mais si la décision ne m'est pas favorable, je me sens capable d'exploser..." Son avocat se dit "incapable de pronostiquer dans quel sens iront les juges". "Il faut désormais attendre et espérer que justice soit enfin rendue au Mexique."



2011, année du Mexique en France

L'affaire Cassez est devenue une pomme de discorde diplomatique entre la France et le Mexique, alors même que l'année du Mexique s'est ouverte en France, début 2011. En dépit de l'appel de Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile de France et président du comité de soutien à la jeune femme française, qui avait demandé sa suspension, en lien avec l'affaire Cassez.